Le 14 avril, une loi pour l’interdiction des thérapies de conversion à l’hétérosexualité a été rejetée par la Chambre des représentants à 51 vois contre 44. Le texte de loi prévoyait que

«tout effort pour changer une orientation sexuelle sur une personne de moins de 18 ans par un professionnel de la santé mentale, ou tout renvoi par un professionnel de santé vers un spécialiste pratiquant un traitement pour changer d’orientation sexuelle sera considéré comme un comportement non professionnel.»

C’est la représentante démocrate ouvertement lesbienne Kelly Cassidy qui a présenté cette mesure visant à protéger la santé mentale des mineures: «Ce traitement provoque des dépressions, des tentatives de suicide, et est incroyablement nocif pour les enfants. La pratique de ces thérapies est exclue par toutes les organisations scientifiques d’importance et ne devrait pas être utilisée. Il n’y a pas une seule base scientifique pour dire que l’orientation sexuelle est un trouble. Nous devons protéger nos enfants.»

Mais Kelly Cassidy n’a semble-t-il pas convaincu tou.t.e.s les représentant.e.s, malgré une majorité de démocrates dans la Chambre de l’Illinois. Parmi les opposant.e.s à la loi, la républicaine Jeanne Ives, qui s’est exprimée auprès du média New American pour justifier ses positions: «Il y a des choses sur lesquelles nous ne devons pas légiférer. Nous n’avons pas autorité dans ce domaine. Nous n’avons pas d’expertise. Laissons les gens décider pour eux-mêmes ce dont ils ont besoin.» La Californie en 2012, puis le New Jersey en 2013 ont déjà passé des lois similaires. Des voix s’étaient élevées contre ces mesures, arguant que le gouvernement n’a pas à intervenir dans les choix parentaux.

LOUISIANE: LA LOI ANTI-SODOMIE TOUJOURS EN VIGUEUR
Malgré des progrès en matière d’égalité sur l’ensemble des États-Unis, certains États conservateurs continuent de s’accrocher à des lois obsolètes. C’est le cas de la Louisiane qui a raté une occasion d’abroger une loi criminalisant la sodomie vieille de 200 ans. Pour une partie des Représentant.e., elle permet de protéger les enfants contre les prédateurs sexuels. Pourtant cette loi a davantage servi les forces de l’ordre à commettre des abus, en piégeant des hommes sur des lieux de drague jusque récemment en 2013. Une loi devait donc permettre son abrogation, et si un comité l’a approuvée à 9 voix contre 6 la semaine dernière, les membres de la Chambre des Représentant.e.s (photo) l’ont finalement rejetée le 15 avril à 67 voix contre 27, avec 11 abstentions.

Même si elle est considérée comme anti-constitutionnelle depuis 2003 avec l’affaire menée devant la Cour suprême Lawrence v. Texas, la loi anti-sodomie de Louisiane continue d’être défendue par des groupes conservateurs comme le Louisiana Family Forum: «Elle est en accord avec les valeurs de la Louisiane qui considèrent ce comportement comme dangereux, malsain et immoral.» Pour les militant.e.s LGBT, le rejet de cette loi est difficile à encaisser:

«Durant l’été, les membres de la Chambre étaient prompts à annoncer leur soutien à l’abrogation, quand toute la nation avait les yeux braqués sur eux et qu’il y avait une pression, a déploré Tim S. West, président d’Equality Louisiana. Une fois qu’ils ont été remercié pour avoir dit ce qu’il fallait dans les médias, la Louisiane a échoué à mettre des actions derrières ses belles paroles.»

Photo Jeffrey Schwartz