Le ministre de la Justice Bekir Bozdağ a annoncé un projet de construction d’une prison réservée aux prisonnier.e.s LGBT. Une mesure destinée à assurer leur sécurité selon lui, mais qui n’a pas convaincu tout le monde. «Le plus urgent pour les personnes LGBT est d’améliorer les conditions de vie générales en prison et de mettre fin à leur « isolement dans l’isolement », affirme Veli Ağbaba, député du Parti républicain du peuple. Une telle mesure voudra dire révéler l’orientation sexuelle des détenu.e.s. Voilà pourquoi un travail rigoureux est nécessaire au préalable.»

LES LGBT DÉJÀ PLACÉ.E.S À PART
En juillet puis en septembre 2013, le ministre de la Justice Bekir Bozdağ avait en effet déjà admis que les personnes LGBT étaient placées à part des autres prisonnier.e.s. Cette prise de parole faisait suite à plusieurs sollicitations de quelques député.e.s, ainsi que d’une ONG. L’an dernier, un rapport avait aussi mis en lumière les conditions inhumaines que subissent les détenu.e.s LGBT. En effet, ils/elles seraient non seulement maintenu.e.s en cellule d’isolement mais aussi dans l’interdiction de participer aux mêmes activités que les autres prisonnier.e.s et de partager les salles communes.

VIOLATION DES DROITS
Selon un rapport portant sur le système pénitentiaire turc de façon globale, les LGBT subissent des mauvais traitements et des abus dans des prisons aux conditions inhumaines pour l’ensemble des détenu.e.s: «Les détenu.e.s gays et trans’ sont placé.e.s dans les mêmes cellules, et ils se plaignent de leur santé mentale. Une personne travestie a dit qu’elle se sentait femme au moment où elle a été emprisonnée, mais maintenant elle n’est plus autorisée à être féminine. Un autre détenu a dit qu’ils souffraient à cause de leurs identités sexuelles, et dit que leur section était la seule zone sans caméras de sécurité.»

LES ASSOCIATIONS S’OPPOSENT À CETTE INITIATIVE
Actuellement au moins 81 personnes LGBT seraient incarcéré.e.s dans les prisons turques. Pour l’association LGBT Lanbdaistanbul, mettre en place une telle mesure spécifiquement pour les LGBT va complètement à l’encontre des droits humains: «Tout est le monde est à égalité dans le système pénitentiaire. On ne peut pas faire une prison séparée en fonction des caractéristiques religieuses, ethniques, ou liées à l’application de la peine. Devoir informer la prison de son orientation sexuelle viole de nombreux droits.» L’association Kaos GL, une autre association LGBT, a abondé dans ce sens, en fournissant un rapport contenant des recommandations, parmi lesquelles le fait de ne pas obliger un.e détenu.e à révéler son orientation sexuelle.

Photo Marmaduk