Un pas en avant, trois pas en arrière. Alors que l’Europe avance vers l’égalité avec le vote de l’union civile et de l’adoption pour les couples homos à Malte, au Bruneï, petit sultanat d’Asie du sud-est, un Code pénal révisé punissant de peine de mort par lapidation les relations entre personnes de même sexe, adopté en octobre 2013, va entrer en application le 22 avril prochain.

Outre son caractère profondément anti-gay, il punit également de mort le viol, l’adultère, la sodomie, les relations sexuelles hors-mariage pour les musulmans, mais aussi le meurtre, le blasphème, insulter le Coran, se déclarer prophète ou non-musulman. Et réintroduit la peine capitale dans un pays qui maintenait pourtant un moratoire sur son usage depuis 1957.

Les Nations Unies, par l’intermédiaire du porte-parole du haut commissariat pour les droits humains des Nations Unies, Rupert Colville, ont exprimé vendredi 11 avril leur profonde inquiétude et ont rappelé que « l’application de la peine de mort pour une aussi large variété d’infractions va à l’encontre du droit international ».

« En droit international, la lapidation est considérée comme de la torture ou comme tout autre peine et traitements inhumains et dégradants, et reste par conséquent interdite. »

En janvier déjà, la Commission internationale des juristes déplorait, dans une lettre ouverte au Premier ministre du Bruneï, la mise en place d’une telle législation pénale qui viole de nombreux droits humains en réinstaurant la peine de mort. Le Bruneï vient ainsi élargir la liste des pays qui punissent de la peine capitale les relations homosexuelles aux côtés de l’Arabie Saoudite, de l’Iran, de la Mauritanie, du Yémen, du Soudan et de certaines régions de la Somalie et du Nigéria – qui a récemment renforcé sa législation pénale à l’encontre des personnes LGBT.

Merci à Largo.

Photo Tuya70