Depuis le 26 mars – et jusqu’au 13 juillet -, l’exposition Robert Mapplethorpe, dont Yagg vous propose un aperçu en son et en images, bat son plein au Grand Palais. Louée par les commentateurs, la rétrospective retrace le parcours esthétique du photographe américain, de ses « fleurs organiques » à ses nus masculins en passant par la scène artistique new yorkaise des années 1970-1980 qu’il a immortalisé.

Mais cette façon de louer le classicisme du travail photographique de Robert Mapplethorpe a semble-t-il agacé l’historien de la photographie André Rouillé, directeur de publication du site Paris Art, qui s’est fendu, jeudi 10 avril, d’un éditorial très critique envers les commentateurs de l’exposition. Il les qualifie de « nouveaux puritains » notamment. « Aujourd’hui encore, ici en France, on assiste à une série de tentatives pitoyables, plus ou moins conscientes, de déminer l’œuvre » soulève, remonté, André Rouillé. L’universitaire assène:

« Non plus au nom de la morale bourgeoise et familiale, ni de la religion, ni de l’homophobie ou du racisme anti-noir, mais sous une avalanche de louanges adressées aux qualités esthétiques des images ainsi qu’au raffinement (évident) du photographe propulsé au firmament de l’art. »

Et de conclure: « A tous ceux-là, il suffirait peut-être de dire que Robert Mapplethorpe n’a jamais été ceci ou cela, mais toujours ceci et cela. Et que c’est avec ce mélange postmoderne et passionné de toutes choses qu’il a édifié comme personne une œuvre explosive à la fois esthétique, sexuelle et politique. »

À lire sur Paris Art.