Les résultats d’une étude intitulée Beyond The Box (au-delà des cases) réalisée en Belgique ont été dévoilés la semaine dernière. L’étude a été menée auprès de 5624 personnes âgées de plus de 16 ans entre le 7 octobre et le 7 décembre 2013 grâce à un questionnaire en ligne, afin de mesurer les comportements homophobes, sexistes et transphobes et de répondre à cette question: «Que pensent les hommes et les femmes, lesbigays et hétérosexuels, cisgenres et transgenres de thèmes comme le sexisme, l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie, comment les ressentent-ils et comment y réagissent-ils?»

CONNAÎTRE LES MINORITÉS
Le sondage permet de constater que plus les individus sont en contact avec des LGBT dans leur environnement social, de par leurs familles, leurs ami.s. ou même leur travail, plus ils sont tolérants à leur égard. «La confrontation avec des personnes différentes, et de préférence à un jeune âge, est le meilleur remède contre le rejet», analyse Jozef De Witte, directeur du Centre interfédéral pour l’Égalité des chances. C’est notamment visible concernant la perception du genre. Les répondant.e.s ont eu à définir s’ils/elles étaient d’accord avec des affirmations telles que «Si vous êtes un homme ou une femme, vous appartenez à ce genre pour toujours», ou encore «Si une personne désire effectuer un changement de sexe, son médecin ou son psychologue peut l’en dissuader». Les résultats montrent une très nette différence entre les réponses des personnes qui connaissent une personne trans’ et celles qui n’en ont jamais rencontrée.

LES JEUNES PAS SI TOLÉRANT.E.S
L’enquête permet aussi de voir quels groupes sociaux sont les moins tolérants: «Les personnes plus âgées, les hommes, les hétérosexuels, les répondants croyants et les répondants ayant moins de contacts avec des minorités». Cependant, les jeunes générations ne sont pas des modèles de tolérance et perpétuent aussi des comportements discriminants: «Malgré leur attitude tolérante, les jeunes ont obtenu de moins bons scores en matière d’homophobie et de transphobie actives aussi appelées gender bashing (dénigrement du genre). Nous associons ce phénomène à certains usages des (sous-)cultures jeunes. Cela signifie que des attitudes tolérantes ne mènent pas toujours à un climat tolérant et ouvert.» Les résultats de l’enquête montrent par exemple que l’utilisation de «termes liés à l’homosexualité pour exprimer quelque chose de négatif (« quel pédé », « c’est un truc de tapettes »)» se retrouve de façon nettement supérieure chez les catégories des 16-26 ans et des 27-41 ans que chez les personnes de plus de 42 ans.

LE SEXISME TOUJOURS PRÉSENT
Les organisations à l’origine de Beyond The Box affirment que l’enquête réalisée n’est pas représentative, puisque la proportion de répondant.e.s jeunes avec un niveau de formation élevé est trop importante. Ce qui inquiète justement Michel Pasteel, directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. «La société serait donc encore moins tolérante. Le sexisme, l’homophobie et la transphobie doivent être encore plus présents en vérité. Et les conséquences plus graves.» C’est notamment particulièrement visible dans les résultats concernant le sexisme où les chiffres en fonction des âges des répondant.e.s montrent que les jeunes générations continuent d’intégrer des stéréotypes toujours plus insidieux sur les rôles sexuels des hommes et des femmes.

Lire l’intégralité de la synthèse de Beyond The Box

Via Erin.