Dans une interview accordée au Telegraph, Jónína Leósdóttir raconte son parcours atypique de première Première Dame lesbienne. Elle est en effet la première femme à avoir été mariée à une chef d’État, en l’occurrence, Jóhanna Sigurðardóttir, Première ministre en Islande entre 2009 et 2013.

Les deux femmes se sont rencontrées en 1985 et ont chacune quitté leur mari quelques temps plus tard pour se mettre en couple, d’abord secrètement, avant d’emménager ensemble bien après, en 2000. Neuf ans plus tard, Jóhanna Sigurðardóttir était élue Première ministre. Elles se sont mariées en 2010. «C’était une autre époque, explique Jónína Leósdóttir. Il n’y avait pas de lois homos ou de droits pour un partenariat, ou quoi que ce soit. C’était l’âge de pierre comparé à aujourd’hui.» Mais en dépit des craintes du couple, la société islandaise n’a pas mal réagi à ce coming-out. Jónína Leósdóttir a sa petite idée là-dessus et suppose que le fait d’être deux femmes blanches et plutôt âgées a aidé à faire accepter leur homosexualité: «Je crois que les gens voient des mamies blanches comme assez inoffensives, alors ils se disent que ce n’est peut-être pas franchement une menace.»

Jónína Leósdóttir raconte aussi comment le couple a été perçu à l’étranger et le déroulement de certaines visites officielles, notamment en Chine: «Tout le monde a été très poli. Ils avaient sûrement été prévenus. Ils n’ont jamais bronché. Les gens m’avaient dit qu’ils essaieraient de m’ignorer et je n’ai pas été citée à la télévision, mais j’ai cependant été interviewée une fois. Je n’ai pas été complètement effacée. Je suis sûre qu’ils ont trouvé ça étrange d’accueillir un couple de même sexe.»

Aujourd’hui, Jónína Leósdóttir publie un livre où elle raconte son parcours. Son objectif est aussi de faire évoluer les mentalités: «Nous essayons de faire passer le message que ce n’est pas facile – ce n’est pas un choix, c’est juste quelque chose qui vous arrive. Ce n’est pas quelque chose que l’on cherche et si on vous laissait le choix, vous diriez plutôt « non merci ». La vie aurait été plus facile, mais nous sommes reconnaissantes de nous être accrochées.»

À lire sur The Telegraph.

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