Une interview de la secrétaire d’État à la Famille a été publiée hier, dimanche 13 avril, dans Le JDD. Laurence Rossignol y a répété qu’aucun enfant n’appartient à ses parents et indiqué qu’elle «souhaite l’apaisement». «Je n’entretiendrai aucune polémique avec la frange la plus radicale des opposants au mariage pour tous, a-t-elle prévenu. Les manifestations ont été importantes, beaucoup dans ce camp aussi veulent dialoguer.»

Dans un communiqué, la «Manif pour tous» a immédiatement saisi la perche: «Chiche!», a lâché la direction du mouvement avant de se réjouir de la «profonde rupture avec Dominique Bertinotti»: «Le changement de ton est évident», commente Ludovine de la Rochère, la présidente de l’organisation, qui demande désormais à être reçue par Laurence Rossignol. Celle-ci n’a pas réagi pour le moment.

À Marseille en tout cas, le mouvement a pris du galon: le sénateur et maire Jean-Claude Gaudin (UMP) a choisi Catherine Giner (UMP) comme adjointe à la famille. Celle-ci est connue pour son implication dans l’antenne locale de la «Manif pour tous». «J’assume cette nomination, a assuré le maire à Mars Actu. Catherine Giner est une jeune femme bourgeoise, distinguée. Si elle se mettait sur le capot d’une voiture pour manifester, c’est son droit. Les socialistes ont divisé la France en deux. Elle a affiché son combat et ses conceptions ont été partagées par la moitié de la France, à Marseille comme ailleurs.»

Précédemment conseillère déléguée à l’enseignement supérieur, Catherine Giner s’était inquiétée que le «lobby gay formate les esprits via les programmes de lutte contre l’homophobie à l’école». «Il y a une vraie infiltration de ces idées perverses dans les programmes scolaires, avait-elle indiqué à Mars Actu. On y retrouve des déviances très graves.»  Dans le même article, on en apprend plus encore sur la vision du monde que partage Catherine Giner. À la veille de la venue de Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot, à Marseille, elle a pris part à une «après-midi de travaux manuels» en compagnie d’autres femmes et d’un homme pour préparer les pancartes. Interrogée sur la surreprésentation féminine au sein d’un mouvement qui prône pourtant la présence de parents des deux sexes, la coordinatrice régionale de la «Manif pour tous» Christine Dubrule a livré quelques éclaircissements: «L’après-midi, les hommes travaillent, donc c’est normal qui n’y ait quasiment que des femmes», a-t-elle expliqué avant qu’une autre renchérisse: «Et puis bon le collage des affiches, c’est plutôt l’affaire des femmes. Les hommes, eux, s’occupent de la location de la salle, de l’informatique…» Tout un programme.

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