Lors d’un colloque organisé mercredi 9 avril à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, la sociologue Irène Théry et le groupe de travail qu’elle a constitué à la demande de Dominique Bertinotti ont présenté le rapport intitulé «Filiation, origines et parentalité» dans lequel plusieurs réponses sont apportées aux revendications des familles homoparentales. Des revendications qui rejoignent plus largement celles de toutes les familles.

Comme la plupart des associations présentes, Les Enfants d’arc-en-ciel (EAC) ont exprimé leur satisfaction quant à l’ampleur du travail accompli par le groupe de travail à l’origine du rapport. Dans un communiqué, l’association présidée par Nathalie Allain-Djerrah remercie les membres de ce groupe «pour leur écoute et salue à la fois la publication et le contenu de leur rapport». La plupart des propositions formulées par le rapport sont «cohérentes» avec celles de l’association de défense des familles homoparentales, mais celle-ci regrette qu’il n’y ait pas eu de réponse concernant l’ouverture de la PMA à toutes les femmes – le rapport limite cette possibilité aux femmes en couple – sur la gestation pour autrui (GPA), la filiation des enfants dont les parents de même sexe sont déjà séparés et la parenté des personnes trans’.

Irène Théry a reconnu que le travail fourni n’est pas «parfait» et les silences du rapport sur ces sujets sont selon elle liés aux difficultés rencontrées par le groupe de travail pour trouver un consensus qui convienne à tou.te.s. En l’absence d’unanimité ou de débat existant au sein de la société, les auteur.e.s du rapport ont préféré garder le silence. Quelques points de convergence ont toutefois été trouvés sur la GPA: les membres du groupe de travail s’accordent à penser que la législation devrait favoriser une reconnaissance automatique des actes établis à l’étranger et que la France devrait militer en faveur d’un instrument international de lutte contre l’asservissement des femmes.

Dans son communiqué, l’EAC interpelle les parlementaires pour que les propositions du rapport «se traduisent rapidement en droits». Dans le public mercredi, d’autres personnes ont sollicité les deux député.e.s présent.e.s, Erwann Binet et Marie-Anne Chapdelaine, pour que ces pistes de réflexion ne restent pas lettre morte.

Photo Yagg