Décédé ce jeudi 10 avril d’un cancer généralisé, l’ancien maire de Toulouse Dominique Baudis occupait depuis 2011 la fonction de Défenseur des droits, l’institution qui a remplacé la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), dissoute le 1er mai 2011.

Sa disparition a suscité plusieurs réactions dans le monde politique et associatif. Dans un communiqué, l’Inter-LGBT a exprimé sa «grande tristesse» avant de saluer «son action exemplaire comme défenseur des droits mais aussi un grand républicain et un vrai serviteur de l’État». L’interassociative met en lumière «sa grande implication dans la lutte contre toutes les formes de discrimination et plus particulièrement celles touchant les lesbiennes, les gays, les bi.e.s et les trans’» et souligne qu’il a «toujours placé le besoin de justice et d’égalité en tête de ses priorités» lors de leurs échanges.

Le Premier ministre Manuel Valls a également réagi dans un communiqué dans lequel il dresse le portrait d’un homme «très attaché à la laïcité, à l’accès de tous à la justice», le présentant comme un «combattant de toutes les discriminations, intègre et courageux». «Dominique Baudis était un homme de dialogue, ajoute le chef du gouvernement, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir des convictions. La France perd une voix qui comptait, un défenseur engagé au service de la République.»

«Homme de convictions et d’une grande intégrité, démocrate courageux, il a su conjuguer la fidélité à sa région avec un engagement européen constant et sincère, complète Christiane Taubira dans un communiqué. En sa qualité de défenseur des droits, il a fait de cette nouvelle autorité constitutionnelle chargée de la protection des droits et libertés un partenaire privilégié et efficace des pouvoirs publics destiné à garantir un accès au droit simplifié et humanisé, particulièrement pour les publics les plus démunis et vulnérables. Homme d’écoute et d’ouverture, sur le monde et l’Orient en particulier, il laisse le souvenir d’une action et d’une œuvre marquées par l’humanisme et la tolérance.»

Après sa nomination en tant que Défenseur des droits par Nicolas Sarkozy, Dominique Baudis a dialogué avec des associations LGBT, soutenu la pétition en faveur de la pension de réversion pour les couples pacsésexprimé des réticences sur la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe et demandé la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives.

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