La sortie surprise du dernier album éponyme de Beyoncé n’en finit pas de faire des vagues. La chanteuse figure en couverture du dernier numéro du magazine gay américain Out et le journaliste Aaron Hicklin a pu la rencontrer. Enfin, pas vraiment, mais un peu quand même. En février dernier, l’artiste se préparait à monter sur scène pour la dernière ligne droite de sa tournée, le Mrs. Carter Show World Tour. Elle en a profité pour changer le programme de son concert en ajoutant dix chansons et en insérant les autres dans des pots-pourris. Pour elle, comme pour les autres artistes sur scène, cela signifiait des heures de répétition – et donc de fatigue – en plus. Dans ces conditions, impossible d’assurer une interview de grande ampleur comme le souhaitait le magazine. Un arrangement fut finalement conclu: le journaliste a envoyé ses questions à Beyoncé par email et en échange, il a eu accès de façon illimitée à l’équipe qui l’entoure.

«JE SUIS UNE FEMME DANS UNE SOCIÉTÉ DOMINÉE PAR LES HOMMES»
Le portrait qu’il dresse de Beyoncé
s’appuie donc sur les témoignages de son styliste, de son assistante personnelle, de sa manager, de son attachée de presse et de plusieurs autres qui entourent la chanteuse dans sa production artistique. La rencontre entre le journaliste et l’interprète de Drunk In Love a eu lieu à Glasgow, en Écosse, le 20 février: elle sur scène, lui dans le public. Parmi les questions qu’il a pu lui poser par écrit, il lui a notamment demandé si elle avait conscience que les paroles de plusieurs de ses chansons avaient une résonance au sein de la communauté LGBT. «J’avais besoin de me libérer des pressions et des attentes sur ce que je pensais devoir dire ou être, et juste parler avec mon cœur. Étant donné que je suis une femme dans une société dominée par les hommes, la mentalité féministe me semble juste et c’est devenu une façon pour moi de personnaliser cette lutte… Mais ce à quoi je fais vraiment référence, et ce que j’espère, ce sont les droits humains et l’égalité, pas juste entre une femme et un homme. Je suis donc très heureuse si mes mots peuvent servir de source d’inspiration ou donner de la force à une personne qui considère appartenir à une minorité oppressée… On est tou.te.s les mêmes et on veut tou.te.s les mêmes choses: le droit au bonheur, le droit d’être qui on veut et d’aimer qui on veut.»

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, elle veut incarner une figure en faveur de l’égalité, contre le sexisme entre autres. Out relève ses publications sur Instagram en faveur de l’égalité de tou.te.s devant le mariage ou contre le racisme dans l’affaire Trayvon Martin. Elle qui veut redéfinir la féminité a cherché à mettre en avant sa sexualité dans l’album Beyoncé. Un choix qu’elle assume et revendique: «Il y a un pouvoir incroyable dans le fait de posséder et les femmes devraient posséder leur sexualité. Il y a un double standard persistant dans la sexualité. Les hommes sont libres et les femmes ne le sont pas. C’est fou. Les vieilles rengaines sur la soumission et la fragilité ont fait de nous des victimes. Les femmes sont tellement plus que ça. On peut être une femme d’affaires, une mère, une artiste et une féministe – peu importe ce qu’on veut être – sans jamais cesser d’être un être sexué. L’un n’exclut pas l’autre.»

beyoncé 500

Selon Out, elle est parvenue à devenir un modèle pour des millions de filles et de femmes à travers le monde. Le magazine en a profité pour établir un classement de ses 10 chansons les plus influentes, proposer une série de photos avec une coupe de cheveux qui n’est pas sans rappeler celle de Marilyn Monroe, ainsi que des remix par le producteur français Monsieur Adi, une galerie de portraits de celles et ceux qui entourent Beyoncé et une plongée dans les tenues de la chanteuse avec les commentaires de son styliste.