Daniel Zamudio en 2012, Esteban Parada, ou encore Alejandro Bustamante cette année. Sur le papier trois jeunes gays chiliens, un dénominateur commun: avoir été victime d’une attaque homophobe et en perdre la vie. Dimanche 6 avril, cette triste liste s’est allongée à la suite du décès de Wladimir Sepúlveda Arce, un jeune homme de 21 ans, originaire de San Francisco de Mostazal, au sud de Santiago, rapporte le Mouvement d’intégration et de libération homosexuel (Movilh).

Le 20 octobre 2013, après avoir été frappé à la tête par au moins quatre individus, le jeune homme avait été hospitalisé en état végétatif à Rancagua (90 km au sud de Santiago). Sur la base de la loi dite «Zamudio» anti-discrimination, le Movilh et la famille avaient alors engagé une procédure contre les responsables. Sans réel succès, puisque après des mois de batailles judiciaires controversées, un seul des agresseurs a été condamné à de la réclusion nocturne (de 22h à 6h du matin).

À l’annonce de la mort de Wladimir Sepúlveda Arce, les autorités chiliennes par l’intermédiaire du porte-parole du tout nouveau gouvernement de Michelle Bachelet, ont exprimé leur vive émotion. «Au nom du gouvernement, je voudrais exprimer mes condoléances par une accolade solidaire aux proches de Wladimir», a déclaré Alvaro Elizalde qui observe que «cette nouvelle mort dévoile combien il reste encore beaucoup à faire pour que la société chilienne avance».

Le juge chargé de l’enquête, Jorge Menal, a pour sa part affirmé qu’un de ses objectifs était de montrer le caractère homophobe de l’attaque pour pouvoir faire appliquer la loi Zamudio qui aggrave les peines pour les crimes et délits haineux. Car, au Chili, c’est à la victime de prouver le caractère homophobe d’une agression, une situation absurde que dénonce le Movilh qui souhaiterait que ce soit à l’agresseur d’apporter ses preuves comme en Belgique ou en France.

Par ailleurs, le 28 mars dernier, une plaque a été inaugurée à Santiago dans le parc San Borja pour commémorer les deux ans de la mort de Daniel Zamudio, torturé en mars 2012 en raison de son orientation sexuelle. Une inauguration qui fait suite à l’ouverture du mémorial de la diversité, inauguré en janvier à Santiago qui rend hommage aux 26 victimes LGBT qui ont perdu la vie depuis 2002 au Chili.

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