[mise à jour, 30 mars, 11 heures] Ajout du lien de la vidéo.
[mise à jour, 30 mars, 16h40] Ajout de la vidéo de Valérie Caillon-Gervier et suppression du nom de l’intervenante.

Une très bonne fréquentation, des conférences pour certaines quasi complètes, des événements artistiques qui touchent leur but, sans vandalisme ni insultes, un public varié, venu aussi de l’extérieur de l’école… Pour Lucas, membre de l’équipe organisatrice de la Queer Week, cette édition 2014 est un succès (lire La Queer Week 2014 de Sciences Po met les plaisirs à son programme). Malgré des critiques répétées sur les sites d’extrême droite ou un article du Figaro clairement à côté de son sujet, «personne n’est venu nous voir pour nous traiter de pédophiles», commente l’étudiant, satisfait que les haineux/ses se soient cantonné.e.s à leurs écrans d’ordinateur. Malgré le «contexte politique difficile», c’est une bonne nouvelle, estime-t-il, soulignant qu’il appartient au public, et non à l’organisation, de juger de la qualité de la Queer Week elle-même.

Hier soir, pourtant, un incident est venu troubler la conférence de clôture, intitulée «Alliances émancipatrices: au-delà du queer?». Alors qu’une intervenante s’apprêtait à prendre la parole, elle s’est rendu compte que Béatrice Bourges, la porte-parole du Printemps français, se trouvait au fond de l’amphithéâtre. «Je vois qu’il y a dans cette salle des personnes mal intentionnées», aurait-elle commenté avant de déclarer qu’elle n’avait pas envie de parler devant Béatrice Bourges. Comme elle venait de dire qu’elle ne connaissait pas le nom de la porte-parole du Printemps français, celle-ci a répondu en criant «Béatrice Bourges!», avant de qualifier la Queer Week de semaine d’intolérance et de haine, qui «lyncherait» les étudiant.e.s catholiques – sur Facebook, le Printemps français précise que sa chef de file s’est rendue à la conférence à l’invitation d’un «groupe d’étudiants de SciencesPo choqués par les dérives des gender studies dans le milieu universitaire».

«La salle a explosé, raconte Lucas. Béatrice Bourges était là pour provoquer. Les participant.e.s lui lançaient « dégage, dégage, dégage ». La sécurité est très vite arrivée. Des altercations verbales très violentes ont eu lieu avec des personnes qui étaient montées jusqu’à Béatrice Bourges. Elle répondait « Vous êtes intolérants, vous ne voulez pas me donner la parole ».»

Très rapidement, Béatrice Bourges et les quelques personnes qui étaient avec elle ont été accompagnées hors de l’amphithéâtre, dans la cour de l’école, où elle a continué à critiquer la Queer Week, l’accusant de promouvoir la haine, l’intolérance, l’hétérophobie. La conférence, elle, a repris presque normalement.

Une partie de l’incident dans la vidéo ci-dessous, filmée par Valérie Caillon-Gervier:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur « Béatrice Bourges s’incruste à la Queer Week mais ne gâche pas la fête » ©vidéo : Valérie Caillon-Gervier 28/03/14

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