Depuis la réalisation de Laïcité Inch’Allah, Nadia El Fani a été poursuivie en justice et menacée de mort pour atteinte au sacré, aux bonnes mœurs et aux principes religieux. Elle vit désormais en France. Malgré l’évolution politique que connaît la Tunisie, elle constate que «dans les faits, rien ne change»: «C’est un peu le paradoxe de la révolution, explique-t-elle. À la chute de Ben Ali, le peuple a obtenu la liberté de parole, mais elle a libéré aussi la parole islamiste, xénophobe, raciste, nationaliste. Avant, le pouvoir censurait. Aujourd’hui on a un gouvernement, composé majoritairement de tous ces extrêmes, qui ne représente pas tous les Tunisiens.»

Pour les homosexuels, la situation a empiré: «Depuis 2011, les religieux et le gouvernement appliquent la loi contre la sodomie à la lettre. N’hésitant pas à emprisonner les homos sur simple dénonciation.» Les lesbiennes, en revanche, sont «très peu inquiétées. Elles peuvent sortir, même dormir ensemble sans que jamais on ne les voie comme un couple. On n’est pas menacées en Tunisie. On va nous reprocher de boire, de fumer, de sortir seules, mais jamais personne ne va nous identifier comme homosexuelles, les gens préfèrent éluder la question.» Une interview à lire sur 360°.