Le 24 février dernier, le président ougandais Museveni promulguait la très controversée loi «anti-homosexualité» qui punit par des peines de prison toute relation entre personnes de même sexe et toute «promotion» de l’homosexualité. À son entrée en application, les réactions internationales ont été très nombreuses pour critiquer ladite loi qui plonge les homos et bi.e.s ougandais.es dans la plus stricte illégalité.

Toujours en résistance, les militant.e.s LGBT, notamment de la Coalition de la société civile sur les droits humains et la loi constitutionnelle rejoint.e.s par d’autres, ont tenté une action en justice contre la loi en saisissant le 11 mars la Cour constitutionnelle censée protéger les droits fondamentaux au respect de la vie privée et à la non discrimination. Auparavant,  ils et elles avaient préalablement publié le 3 mars une vingtaine de recommandations à destination de l’étranger, réunies dans un document, pour les soutenir de la meilleure des façons dans leur combat.

MAINTENIR LA PRESSION…
S’ils/elles remercient d’abord tous les soutiens qui leur ont été apportés, Jeffrey Ogwaro, Clare Byarugaba, Kasha Jacqueline, Frank Mugisha et Pepe Julian Onziema, leaders de la coalition, appellent la communauté internationale à continuer de se mobiliser pour l’Ouganda en médiatisant les conséquences globales de la loi sur les personnes LGBT, mais aussi la santé et les droits humains en général, et en continuant de manifester régulièrement. Conscient.e.s du poids des multinationales dans le développement du pays, les militant.e.s invitent les grandes entreprises, à l’image d’Orange tout récemment, à prendre position, ne serait-ce que pour protéger leurs employé.e.s.

… ET LES AIDES FINANCIÈRES
Cependant, si certain.e.s militant.e.s LGBT étrangèr.e.s demandent à ce que les États suspendent leur aide financière à l’Ouganda, comme cette pétition adressée à François Hollande et à Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, sur place, les leaders LGBT ougandais.es recommandent au contraire de ne pas couper l’aide globale au pays, mais plutôt de mettre fin à des aides sectorialisées comme ont pu le faire les Pays-Bas. «Nous ne voulons pas que les Ougandais.es souffrent à cause des choix politiques malheureux de notre gouvernement», souligne le document.

Parmi les autres recommandations, l’ajustement des politiques en matière d’asile et d’accueil pour les LGBT ougandais.es, nigérian.e.s, camerounais.es, russes ou autres qui souffrent de l’homophobie d’État. Les militant.e.s exhortent également les personnalités publiques (célébrités, leaders politiques ou religieux/ses) à s’exprimer contre la loi.

Par ailleurs, mardi 18 mars, le secrétaire d’État américain aux Affaires étrangères, John Kerry, a annoncé l’envoi d’«experts américains» à Kampala pour discuter avec le président de la République Museveni du sort réservé aux LGBT ougandais.es. L’administration américaine a également décidé de suspendre des «primes» de 18 hauts responsables officiels ougandais en matière de santé publique selon La Presse.

Via Les Dégommeuses.

Photo Kaytee Riek