Quelques pages après le sommaire, la psychanalyste Claude Halmos répond chaque mois aux questions posées par des lecteurs/trices de Psychologies Magazine. Une section de sa rubrique est entièrement consacrée aux questions posées par des enfants. Dans le numéro de mars 2014, Lucie, 6 ans, demande pourquoi il n’est pas possible pour elle de devenir un garçon. Dans sa réponse, la psychanalyste n’envisage pas une seule seconde que Lucie puisse être trans’.

UNE QUESTION D’IDENTITÉ
«Tu ne peux pas devenir un garçon, Lucie, parce que tu es née, comme ta mère, dans un corps de fille, écrit Claude Halmos. De même que ton frère est né, comme ton père, dans un corps de garçon. Et ça, on ne peut pas le changer.

«Parce que l’on ne peut pas revenir en arrière et renaître dans un corps différent. Cela fait partie des limites que la vie nous impose.

«Elles peuvent nous mettre en colère parce que nous aimerions n’en avoir aucune et pouvoir réaliser tous nos désirs et accomplir tous nos rêves. Devenir fille si on est garçon ou garçon si on est fille. Ou même être (pour quoi pas?) les deux à la fois. Et en plus voler comme les oiseaux et nager comme les poissons. On aimerait bien, mais ce n’est pas possible. On a donc le choix: continuer à réclamer ce que l’on n’a pas ou accepter de vivre avec ce que l’on a et qui n’est peut-être pas aussi nul qu’on le croit…» Claude Halmos conclut en précisant que les garçons jalousent la possibilité qu’ont les femmes de porter des enfants («tu sais comment sont les garçons… Ils l’avouent rarement»).

Une pétition a été lancée «pour que Psychologies Magazine respecte les droits des transexuels». «Ce magazine à grand tirage doit reconnaitre l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, contrairement à ce qu’avance Claude Halmos, écrit l’auteure de la pétition. S’affirmer homme ou femme n’est pas une question de choix ou de volonté et ne relève pas d’une décision arbitraire, conjoncturelle ou fantasmatique. C’est un processus d’affirmation lié à une conviction profonde, souvent ressentie depuis l’enfance, ne relevant pas d’une identification passagère mais bien de l’identité même du sujet.»

Il y a quelques années, en réponse à une question similaire concernant l’inquiétude d’un père qui voyait son garçon de 5 ans se comporter en fille, Claude Halmos lui avait conseillé de passer plus de temps avec l’enfant pour lui apprendre la sexualité et lui retirer «cette jupe qui le maintient dans une illusion destructrice».

Contactée par Yagg, la directrice de la rédaction du magazine n’a pas réagi.

Photo Psychologies Magazine