En partenariat avec la Gazette des communes, le Courrier des maires et l’Association des petites villes de France, l’association Le Refuge a soumis un questionnaire à 151 candidat.e.s aux élections municipales, réparti.e.s entre 112 communes. Si une large majorité provient de candidat.e.s classé.e.s à gauche, les réponses ont afflué de tous les partis.

UNE MEILLEURE RECONNAISSANCE DES TRANS’ ET DES LESBIENNES
Quatre sondé.e.s sur cinq s’accordent sur la nécessité de «lutter contre les LGBTphobies», notamment en incitant à porter plainte après une agression (72%) ou en rencontrant des associations LGBT (65%). Les candidat.e.s se montrent moins enclin.e.s à prendre des mesures qui impliquent des dépenses, comme la formation du personnel (57%), la création de structures d’hébergement pour les jeunes LGBT chassé.e.s par leur famille (48%), le financement d’associations de lutte contre les LGBTphobies (41%) ou le lancement de campagnes de sensibilisation (38%).

Pour Mylène Cokkinos, qui a analysé l’enquête pour le Refuge, les réserves des candidat.e.s ne sont pas uniquement liées à la crainte de trop dépenser. «Nombre d’élus locaux, toutes tendances politiques confondues, ne souhaitent pas s’engager de façon trop visible aux yeux des populations, explique-t-elle. Ils préfèreront, par exemple, inclure les LGBTphobies dans des campagnes globales contre les discriminations.»

Dans son analyse, elle observe toutefois une meilleure reconnaissance des « »minorités » LGBT» avec des réponses de candidat.e.s «qui ont vu l’importance de combattre la lesbophobie souvent moins publicisée» et un engagement en faveur des trans’ qui «souffrent toujours d’une certaine marginalisation dans la lutte contre les LGBTphobies au même titre que les lesbiennes». L’intégralité des réponses peut être consultée en ligne.

Aucun.e candidat.e dans les communes d’outre-mer n’a répondu à cette enquête. Ce qui n’a pas empêché la municipalité de Saint-Denis de la Réunion d’apporter son soutien à l’inauguration d’un local du Refuge ce samedi 22 mars. Ce lieu – situé au 357, rue du Maréchal Leclerc – abritera une permanence et un accueil de jour à destination de jeunes et de bénévoles.

UN RECUEIL CONTRE LES LGBTPHOBIES
L’association espère par ailleurs pouvoir procéder à la publication d’un recueil de textes écrits par des jeunes hébergé.e.s en région parisienne qui ont rencontré des auteur.e.s comme Virginie Despentes, Laurence Tardieu, Camille Laurens, Philippe Besson, Abdellah Taïa, Edouard Louis ou Joseph Macé-Scarron. Ces écrivain.e.s ont également écrit des textes qui figureront dans ce recueil, aux côtés de contributions d’internautes. Ce projet mené en collaboration avec les éditions Des ailes sur un tracteur fait appel au crowdfunding pour voir le jour. Les dons peuvent être transmis sur la plateforme Ulule. Les bénéfices de la vente du recueil seront intégralement reversés au Refuge.

Photo Rama