Fin du feuilleton pour la proposition de loi qui prévoyait d’autoriser l’adoption des enfants du conjoint pour les couples d’hommes ou de femmes portugais. Vendredi 14 mars, le Parlement a rejeté par 112 voix contre, et 107 pour, le texte pourtant approuvé en première lecture en mai 2013 par 105 voix pour et 88 contre.

Entre temps, la procédure législative avait été interrompue par un projet de référendum du gouvernement de centre-droit de Pedro Passos Coelho voté par la majorité au pouvoir le 17 janvier dernier, mais jugé inconstitutionnel par la Cour constitutionnelle portugaise le 19 février.

Plusieurs organisations ont d’ailleurs réagi face au recul sur le texte qui avait été présenté par le parti socialiste. Paulo Corte Real, président de ILGA Portugal, a dénoncé auprès de l’AFP «une décision d’une violence extrême, un vote contre les enfants, contre les familles». «Un procès contre l’État est en cours au Portugal, et nous espérons porter la plainte devant la Cour européenne des droits de l’Homme», a-t-il annoncé.

«Nous n’avons aucun doute que le Portugal sera condamné.»

De son côté, le réseau européen des associations des familles LGBT (NELFA), dans un communiqué du 17 mars, déplore les résultats du vote. Pour Juha Jämsä, la vice-présidente, «les principaux perdants de ce vote sont les nombreux enfants élevés au Portugal par deux pères ou deux mères». «Le Portugal est maintenant isolé à l’intérieur du Conseil de l’Europe en préférant suivre l’exemple de pays comme la Russie, l’Ukraine ou la Roumanie en refusant le droit à la co-adoption pour les couples homos alors que ces droits sont déjà garantis à d’autres couples dans leurs différentes législations», analyse pour sa part Luis Amorim, membre de NELFA.

En février 2013, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné l’Autriche pour avoir refusé à une lesbienne le droit d’adopter le fils de sa compagne. Un arrêt important pour l’adoption «coparentale» puisque la Cour de Strasbourg avait également reconnu que le Portugal, la Russie, l’Ukraine et la Roumanie inscrivait cette discrimination à l’égard de l’adoption pour les couples homos dans la loi. Ce qui a notamment conduit le gouvernement allemand à entériner mercredi 12 mars un projet de loi similaire à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe de février 2013 et allant dans le sens la décision de la CEDH.

Pour rappel, le Portugal a ouvert le mariage aux personnes de même sexe en janvier 2010, mais sans l’adoption.

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