«On ne peut presque plus revendiquer qu’on est hétéros!», avait déploré Philippe Candeloro face à la pluie de critiques qu’il a reçues pour avoir tenu des propos sexistes lorsqu’il commentait les épreuves des Jeux olympiques de Sotchi. «Je n’ai pas à me remettre en question», avait-il ajouté. L’ancien patineur et d’autres commentateurs ont été visés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui a adressé mercredi 12 mars une mise en garde «ferme» à France Télévisions. «Les propos tenus par [des commentateurs sportifs], par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes», estime l’autorité administrative indépendante.

Celle-ci «regrette vivement» que la direction des sports de France Télévisions ait adopté «une attitude de dénégation». Daniel Bilalian (photo), directeur des sports pour le groupe audiovisuel, s’était défendu en arguant que les propos sexistes étaient bien plus nombreux sur les chaînes privées et qu’il ne fallait pas juger 200 heures de direct à l’aune «d’une phrase malheureuse», avait-il indiqué sur LCI. Pour lui, «il n’y a jamais eu de dérapage». Interrogé par Télé 2 Semaines, il avait même ajouté: «Les journalistes ont commenté avec de l’enthousiasme, peut-être parfois de l’excès d’enthousiasme, de superlatifs? Et alors, est-ce qu’on peut leur en faire le reproche?» Le CSA répond donc par l’affirmative en rappelant que ce n’est pas la première fois qu’il pointe du doigt la «contradiction entre, d’une part, les actions menées au niveau du groupe en [ce qui concerne la promotion de l’image et de la place de la femme] et, d’autre part, la teneur des propos tenus au sein de certains de ses programmes».

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