Benjamin du Conseil national suisse, la chambre basse fédérale, le socialiste Mathias Reynard (photo) est l’auteur d’une initiative parlementaire pour la pénalisation des propos homophobes. Il a reçu le soutien de la Commission des affaires juridiques de son assemblée, une première, puisque celle-ci avait refusé des propositions similaires lors des législatures précédentes, a-t-il expliqué au site LGBT suisse 360°. «On sent aujourd’hui un courant plutôt favorable: la majorité a été nette, mais tout est encore à faire au Conseil des États [la chambre haute suisse, qui représente les cantons, ndlr]. On dit parfois que la Chambre des cantons est plus conservatrice, mais j’ai fait mes calculs. Je pense que l’initiative a de bonnes chances. Dans le cas où la Commission des affaires juridiques des États donnerait son aval, un projet concret pourrait alors être rédigé et on irait jusqu’à un vote devant les deux Chambres. On devrait être fixés d’ici un mois.» Optimiste, il se réjouit du soutien apporté par plusieurs partis à cette mesure, notamment le Parti libéral-radical.

Cette mesure permettra de poursuivre les propos homophobes qui n’ont pour l’heure rien d’illégal en Suisse. Lorsque le député Grégory Logean de l’Union démocratique du centre (UDC) avait indiqué en 2009 que l’homosexualité est un «comportement déviant», les personnes qui avaient porté plainte ont été déboutées, faute de base légale. Pour Mathias Reynard, de telles déclarations sont l’expression du «mal-être des personnes qui tiennent ces propos». Il estime que sa proposition de loi n’est qu’une étape dans la lutte contre l’homophobie, qui doit être mise en œuvre dès l’école primaire.

En France, les propos homophobes sont réprimés par la loi depuis la fin de l’année 2004.

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