Dans une interview à The Daily Beast, l’actrice Tilda Swinton, actuellement à l’affiche de The Grand Budapest Hotel et de Only Lovers Left Alive, a évoqué le vampirisme, mais aussi son travail de performeuse et sa méconnaissance totale du palmarès des Oscars (notons qu’elle n’est pourtant pas passée à côté du décès du réalisateur Alain Resnais).

Questionnée sur l’attirance de certaines femmes pour les figures d’artistes torturés, en référence au rôle de son partenaire Tom Hiddleston dans le film de Jim Jarmusch, la comédienne prend la question de façon plus large: «Je ne sais pas si les femmes sont attirées par les artistes torturés, mais si elles le sont, c’est peut-être à cause du sentiment d’étrangeté, et c’est une bonne chose dans une relation, c’est positif, c’est quelque chose que nous devons dédiaboliser. Juste « l’autre ». Mais je crois que c’est la même chose pour les couples de même sexe, ce n’est pas juste pour les hommes et les femmes. Dans une relation, c’est vraiment merveilleux quand les gens s’apportent différentes choses, et c’est tellement formidable de voir quelqu’un avoir du recul pour la personne qu’il ou elle aime et dire « Wow, tu es tellement différent.e de moi et je trouve ça vraiment cool ».»

L’actrice a par la suite une réflexion très intéressante au sujet du coming-out, qu’elle voit comme un moyen de parvenir à une meilleure connaissance de soi-même: «C’est vrai que traverser ce que les homos traversent pour faire leur coming-out, à eux/elles-mêmes, à leur famille lorsqu’ils/elles sont assez jeunes, c’est quelque chose, non? Et je crois que souvent, cela échappe aux hétéros. C’est une sensation de progression et parfois, les hétéros n’ont jamais eu à en passer par cette auto-examination ou le fait de se connaître soi-même, et le sens du coming-out, être capable de se défendre, d’être son meilleur défenseur et de dire « Non! Je vais gérer ça moi-même et dire qui je suis et allez tous vous faire foutre. » C’est un passage merveilleux, et je suppose que beaucoup d’hétéros loupent ça, et alors peut-être que leurs choix de relations sont potentiellement moins réfléchis. Plus paresseux, moins pensés en détails.»

Le journaliste enchaîne en évoquant cette image de Tilda Swinton levant devant elle le drapeau arc-en-ciel à côté du Kremlin en juillet dernier, une photo en soutien à la communauté LGBT qui a fait le tour du monde: «Et bien, la Russie a le président le plus gay qui soit. Non, c’est méchant de dire ça – pas pour lui, mais pour la communauté gay», affirme l’actrice.

Le journaliste revient aussi sur son rôle dans un des derniers clips de David Bowie pour la chanson The Stars (Are Out Tonight). Une rencontre intense pour Tilda Swinton: «C’est arrivé comme ça, le téléphone a sonné et la personne au bout du film dit s’appeler David Bowie, et alors vous ne pouvez vous empêcher de vous pincer. Ça a été la chose la plus simple du monde. J’en parlais avec une amie à moi qui refuse de rencontrer les personnes qu’elle admire, et je connais aussi quelqu’un qui a été terriblement déçu parfois. Mais j’ai passé un moment incroyable en rencontrant les gens qui ont été des repères, et Bowie est l’un d’entre eux. C’est comme un cousin, un cousin que je n’ai jamais eu.»

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur David Bowie – The Stars (Are Out Tonight)

À lire sur The Daily Beast.

Photo David Shankbone