Plusieurs militant.e.s pour les droits des LGBT en Ouganda ont saisi mardi 11 mars la Cour constitutionnelle pour faire reconnaître que la loi criminalisant l’homosexualité promulguée le 24 février contrevient aux droits fondamentaux à la protection de la vie privée, à la non-discrimination et à la liberté et expose les citoyen.ne.s à des traitements cruels et inhumains.

Les auteur.e.s de la requête, parmi lesquel.le.s Frank Mugisha de Sexual Minorities of Uganda (Smug), Julian Pepe Onziema, Jacqueline Kasha, Morris Ogenga Latigo, ainsi qu’un membre du Parlement Fox Odoi-Oywelowo, entendent montrer qu’ils et elles n’ont pas encore baissé les bras face au gouvernement. «Certains droits sont garantis par la Constitution de la République d’Ouganda, explique Fox Odoi-Oywelowo. Nous avons examiné les obligations liées aux traités que l’Ouganda a signé, les droits humains garantis par ces traités. J’ai analysé la loi et j’en suis venu à la conclusion qu’elle va à l’encontre de plusieurs articles de la Constitution et des obligations liées aux traités.»

«Cette loi ne représente pas seulement un effort de l’exécutif et du Parlement pour prendre une minorité impopulaire comme bouc émissaire, mais nous pensons aussi qu’elle viole la plus haute loi de ce pays», confirme à l’AFP le journaliste Andrew Mwenda qui compte parmi les plaignant.e.s. La procédure du vote parlementaire est elle aussi remise en cause. «L’un des aspects particulièrement horribles est que si vous connaissez une personne homosexuelle, vous devez la dénoncer sinon vous commettez un crime, rappelle Morris Ogenga Latigo, qui insiste sur le fait que l’ensemble de la population peut tomber sous le coup de cette loi qui criminalise aussi la «promotion de l’homosexualité»: «Si mon fils ou ma fille l’était, parce que la nature le veut ainsi, pourquoi m’obligez-vous à les dénoncer?» Après le dépôt de la requête, ses auteur.e.s doivent maintenant attendre la date d’une audience. Les militant.e.s ont aussi transmis une injonction à la Haute cour pour empêcher que des médias outent des personnes en publiant leurs noms et leurs photos, comme le tabloïd Red Pepper l’a encore fait tout récemment.

Depuis la signature de la loi par le président Yoweri Museveni, plusieurs arrestations auraient eu lieu, auxquelles s’ajoute un accroissement des violences à l’encontre des personnes présumées homosexuelles.

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