Après 62 années de règne, la reine Elizabeth II a pour la première fois ciblé la communauté LGBT dans une de ses communications. À l’occasion du quarantième anniversaire de la London Lesbian & Gay Switchboard (LLGS), une ligne d’écoute et de soutien, la monarque a envoyé les mots suivants, rapportés par Pink News et Gay Star News: «Mes meilleurs vœux et mes félicitations à toutes les personnes concernées à l’occasion de cet anniversaire exceptionnel». Sur les 600 associations et œuvres de charité que soutient la souveraine du Commonwealth, aucune ne s’adresse spécifiquement aux personnes lesbiennes, gays, bi ou trans’, ont relevé plusieurs médias LGBT britanniques.

Le Premier ministre David Cameron, le vice-Premier ministre Nick Clegg, le maire de Londres Boris Johnson et le chef des travaillistes Ed Miliband ont également adressé un mot à l’association. Le premier s’est ainsi réjoui de l’évolution des droits des LGBT depuis 1974: «Des organisations bénévoles, comme le Switchboard, ont apporté une contribution vitale à ce progrès. Le gouvernement continue de travailler pour créer une société plus juste et plus égalitaire en supprimant les obstacles que rencontrent les personnes LGBT pour atteindre l’égalité.» Les couples de même sexe qui souhaitent s’unir pourront déposer leur dossier à compter du jeudi 13 mars pour de premiers mariages d’ici la fin du mois.

L’Angleterre et le Pays de Galles entreprennent une réforme de leurs lois pour être inclusifs à l’égard de tous les couples. Ainsi que le détaille le Telegraph, les mots «veuve», «mari» et «épouse» seront modifiés dans certaines lois, tandis que dans d’autres, ils devront être interprétés comme s’appliquant indifféremment à des hommes comme aux femmes. La dévolution des titres de noblesse est également affectée. Si la reine venait à épouser une femme, celle-ci ne deviendrait pas automatiquement «prince consort» comme le prévoient aujourd’hui les textes et la coutume. Une porte-parole du gouvernement a précisé qu’il serait toujours considéré comme relevant de la haute trahison de coucher avec la femme du roi… mais pas avec son mari.

La reine Elizabeth II avait déjà montré un premier signe d’ouverture à la veille de Noël en accordant sa grâce au mathématicien gay Alan Turing, qui avait été condamné pour homosexualité.

Photo NASA