Aux États-Unis, un nombre croissant de médecins, dont le Dr Robert Garofalo, ne considère plus le fait d’être trans’ comme un problème ou une maladie. Lui a ouvert un grand service spécialisé dans un hôpital pour enfants de Chicago. Il y suit plusieurs enfants trans’ et explique à leurs parents qu’il n’y a pas de problème. On peut y croiser Ryan, qui se sent «une fille dans son cœur et un garçon dans sa tête». Née dans un corps masculin, elle se comporte en fille, mais ne se reconnaît pas comme trans’. «Notre monde nous enferme dans des concepts binaires, explique le médecin. Il faut être un homme ou une femme, un mâle ou une femelle. Mais de nombreux enfants n’entrent pas dans ces cases. Cela met les gens mal à l’aise, mais c’est comme ça.»

Si la Californie a fait un pas en avant en permettant aux enfants d’utiliser les toilettes du genre auquel ils ou elles s’identifient, la situation est moins satisfaisante dans de nombreux autres endroits. Ryan n’a pas le droit d’aller dans les sanitaires réservés aux filles et le jeune Sade doit demander les clés des toilettes «neutres». L’adolescent d’une quinzaine d’années s’y refuse car il trouve cela trop «ostentatoire». La formation du genre dans l’esprit d’un individu se produit entre 3 et 5 ans, estime le Dr Garofalo. En France, certain.e.s redoutent encore que l’apprentissage de l’égalité entre filles et garçons et le fait de regarder Tomboy puisse avoir une incidence sur la façon dont des enfants bien plus âgé.e.s perçoivent leur genre.

Pour le Dr Garofalo qui suit actuellement 75 enfants, les traitements qui bloquent l’apparition des signes de la puberté sont sans danger et n’ont rien d’irréversible. L’opération de réassignation est d’un autre registre et demeure optionnelle selon le médecin qui rappelle que bien des trans’ n’ont pas recours à la chirurgie. Le combat aujourd’hui consiste à informer les parents. Certain.e.s briment leurs enfants, d’autres se montrent plus tolérant.e.s. Mais un soutien institutionnel est indispensable pour comprendre de quoi il retourne et comment s’adresser aux pouvoirs publics, notamment aux établissements scolaires. À lire sur Le Nouvel Obs.