[mise à jour , 10h25] Interpellation d’un mineur, et réaction de Martine Aubry, en fin d’article.
 
Lundi 3 mars vers 20h30, alors qu’ils se trouvaient sur la ligne 2 du métro lillois entre Lille-Flandres et Saint-Maurice Pellevoisin, deux étudiants en couple de 20 et 21 ans qui se tenaient la main ont été pris à partie par 5 ou 6 personnes d’une vingtaine d’année. D’abord insultés avec des propos à caractère homophobe et des «références explicites à leur orientation sexuelle» selon une source de l’Hôtel de Police de Lille, ils ont ensuite été victimes de violences physiques comme des coups de poing et des coups de pied.

Si deux agents de médiation de Citéo à la station Saint-Maurice ont pu intervenir et mettre en fuite les agresseurs, l’une des deux victimes a été hospitalisée et a reçu un jour d’arrêt de travail. Le couple a ensuite déposé plainte à l’hôtel de police. Une enquête a apparemment été ouverte auprès du Groupe d’action judiciaire de Lille qui recueille les plaintes, mais les agresseurs n’ont pas encore été interpellés et sont en cours d’identification.

Cité par La voix du Nord, Hugo Vandamme, tête de liste Front de Gauche à Lille, a condamné l’agression et a souhaité apporter son soutien aux victimes. De son côté David Raynaud, délégué régional de SOS homophobie en Nord-Pas de Calais, a également déploré ces violences homophobes: «Malgré tout, c’est encore une agression liée à l’orientation sexuelle à Lille. Ce qu’on souhaite c’est que les agresseurs soient placés devant la justice. On ne peut apporter que notre soutien aux deux victimes.» Il poursuit:

«C’est assez surprenant car il y a d’habitude une ambiance tolérante et accueillante à Lille. L’actualité des derniers mois a mis en évidence une homophobie et une transphobie latente de la société.»

Jointe par téléphone, l’association J’en suis, j’y reste – centre LGBTQIF de Lille Nord réagit tout aussi fermement à l’acte. Après les agressions de Marseille et de Sète dans les dernières semaines, le climat ambiant en France est pointé du doigt par les associations LGBT.

Mardi 4 mars, vers 17h15, un mineur a été interpellé dans le cadre de l’enquête, selon le commandant Olivier Mannier de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), cité par l’AFP. ll a été placé en garde à vue et l’enquête a été confiée à la sûreté urbaine de Lille. Martine Aubry, maire de Lille, s’est dite «extrêmement choquée» de l’agression.

Photo Rémi Jouan