Pour l’ancien Premier ministre François Fillon, «les adoptions par les couples homosexuels et hétérosexuels ne peuvent être placées sur le même plan», indique-t-il dans une interview parue ce mardi 4 mars dans La Croix. Il déduit de cette affirmation que «les possibilités d’adoption par les couples homosexuels doivent être restreintes».

Cette mesure permettrait selon lui «d’apaiser et de rassembler» là où une abrogation de la loi ouvrant le mariage et l’adoption «aboutirait à une nouvelle fracture de la société française qui n’est pas souhaitable». Il s’attache par ailleurs à opérer une distinction entre «le mariage hétérosexuel» et «l’union homosexuelle», car il souhaite que cette dernière ne puisse pas bénéficier de «droits sur la filiation». Le député de Paris choisit une perspective similaire concernant la PMA: «Je ne suis pas favorable à ce que la loi autorise la possibilité de procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels. Cette pratique médicale doit être réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est diagnostiquée.» Il préconise par ailleurs l’abrogation de la circulaire émise par le ministère de la Justice sur la reconnaissance de nationalité française des enfants nés grâce à une grossesse pour autrui (GPA) à l’étranger.

Visiblement en phase avec les thèses de la «Manif pour tous» — même s’il précise être «réticent à manifester» —, l’élu s’exprime contre «une théorie fumeuse qui vise à nier les différences sexuelles». «L’État ne doit pas s’immiscer de façon excessive dans la sphère privée et ne doit pas se substituer aux familles», assure-t-il, avant d’ajouter que «la plupart des évolutions sur les sujets de société, à l’exception du pacs», ont été votés sous des gouvernements de droite: «la contraception sous De Gaulle, l’IVG sous Giscard, la fin de vie sous Chirac», énumère-t-il. Lui-même avait voté contre la dépénalisation de l’homosexualité avec un.e mineur.e en 1981.

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