Rendu public en février 2014, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) propose que le VIH et l’hépatite soient retirés de la liste des maladies pour lesquelles la pratique des soins funéraires est interdite. C’est une nouvelle pierre dans le jardin de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui n’a toujours pas fait évoluer la législation. Pour l’instant, la situation est complètement bloquée, malgré les pressions associatives depuis des années. Promise par le prédécesseur de Marisol Touraine, Xavier Bertrand, cette réforme des soins post mortem est sans cesse repoussée.

Dans un communiqué publié aujourd’hui, lundi 3 mars, le Conseil national du sida (CNS) se félicite des conclusions de ce rapport et rappelle que plusieurs avis ont été émis: «… ces recommandations rejoignent celles rendues par le Conseil dans son Avis du 12 mars 2009 et réitérées dans son communiqué du 13 janvier 2012, ainsi que par le Haut conseil de la santé publique dans ses Avis et Rapport du 20 décembre 2012 et par le Défenseur des Droits, s’agissant de l’encadrement des opérations funéraires, dans son Rapport du 29 octobre 2012».

Comme le rappelle le CNS, «aucun argument scientifique ne peut justifier que soient prises des dispositions dérogatoires au droit commun en matière de soins de conservation sur la seule base de l’infection par le VIH avérée ou supposée de la personne défunte, dès lors que les précautions universelles sont pleinement appliquées».

Le rapport de l’Igas préconise de réserver les soins funéraires à des sites dédiés. Le CNS demande donc aux pouvoirs publics d’agir «avec force» pour mettre fin à cette discrimination.

Cette question fait aussi l’objet d’une pétition lancée par Jean-Luc Romero et qui a déjà recueilli plus de 80000 signatures. Les pouvoirs publics peuvent-ils encore longtemps faire la sourde oreille?

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