France | Reportages | Yagg TV | 03.03.2014 - 19 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Anne Hidalgo: «Paris doit s’assumer gay-friendly»
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Pour la candidate PS à la Mairie de Paris, les Parisiennes et les Parisiens doivent être fier.e.s de cette part de l’identité de la capitale.

«Il faut rappeler la situation avant Bertrand Delanoë, souligne Jean-Luc Romero en guise d'introduction. Avant lui, aucune association LGBTI ne recevait de subventions.» Le président du Crips, qui figure sur la liste PS du XIIe arrondissement de Paris aux municipales, était présent aux côtés de la candidate Anne Hidalgo ce matin, lundi 3 mars, lors de sa rencontre avec une douzaine d'associations LGBT: Total Respect-Tjenbé Red, Paris Foot Gay, Flag!, Ravad, Le Refuge, l'Inter-LGBT, le Centre LGBT de Paris Ile-de-France, les Dégommeuses, Outrans, le Mag Jeunes LGBT, l'Autre Cercle Ile-de-France et le Sneg. La candidate PS a tenu à les écouter, afin de recueillir leurs propositions.

VISIBILITÉ
«Quand on compare Paris avec d'autres villes européennes, on remarque qu'il y a beaucoup moins de visibilité. On voit peu de drapeaux gays dans le Marais, par exemple. Et peu de choses sont mises en place dans les rues, les gares, au moment de la Marche des Fiertés. Bertrand Delanoë a fait des choses pour nous, mais elles manquent de visibilité dans Paris.» Alain Parmentier, vice-président de Flag!, se montre satisfait du travail de fond accompli sous Bertrand Delanoë, mais regrette que l'identité LGBT de la capitale ne soit pas pleinement assumée.

Sylvie Fondacci, représentant l'Inter-LGBT, renchérit et souligne aussi le besoin de lieux de mémoire et de monuments pour les LGBT dans Paris, comme il en existe déjà dans plusieurs grandes villes dans le monde. Anne Hidalgo évoque le musée de l'histoire LGBT de San Francisco, l'idée d'un pavoisement autour de la Marche des Fiertés. «Les pistes sont nombreuses», assure-t-elle.

LUTTE CONTRE LES LGBT-PHOBIES
«Dans votre introduction, vous n'avez pas parlé de transphobie. Ce n'est certainement pas un oubli malveillant, mais c'est tout de même révélateur», note Coline Neves, de l'association Outrans, qui rappelle que la lettre T du sigle n'a pas toujours été au cœur des préoccupations. «Actuellement les associations trans' manquent cruellement de moyens et notamment de lieux, ajoute-t-elle. Nous avons aussi besoin d'une communication contre la transphobie, qui pourrait être lancée au niveau local, ainsi que sur les questions de santé sexuelle en général. Il y a aussi la nécessité d'un travail en interne à la mairie de Paris sur les questions trans', et de mettre en place des formations à destination du personnel de la Ville de Paris, autour de l'accueil médical, de l'aide sociale.»

Valentin, du Mag Jeunes LGBT, fait part aussi de l'inquiétude de son association, face aux événements récents qui portent préjudice à ses activités: «Une quinzaine de nos interventions en milieu scolaire dans la région Ile de France ont été annulées dernièrement», déplore-t-il.

L'ATOUT GAY-FRIENDLY
Pour l'adjointe de Bertrand Delanoë, Paris doit «s'assumer gay-friendly»: «Cela se fera grâce aux associations, avec la Mairie en soutien. Nous devons en être fier.e.s. J'ai été frappée par l'exemple de Tel-Aviv où des start-up citaient elles-mêmes comme qualité le fait d'être gay-friendly, et que cela représentait un atout pour leur capitale. À Paris, nous devons nous aussi affirmer cette valeur, notamment en termes d'économie et de tourisme.»

CONTINUER À SOUTENIR LES ASSOCIATIONS
Nombreuses sont les associations à craindre la fin des subventions et le risque de leur non renouvellement à la prochaine mandature. Le Centre LGBT, notamment, arrive en fin de convention triennale, a rappelé Garance Mathias, sa coprésidente.

Anne Hidalgo se veut rassurante, sans nier la réalité de la situation économique actuelle: «Nous n'allons pas arrêter les subventions. Nous continuerons ce soutien, même si nous traversons des périodes difficiles.» Souhaitant mettre l'accent sur son engagement auprès des LGBT, elle tacle au passage son adversaire Nathalie Kosciusko-Morizet sur la question des subventions: «On sait que c'est là que mon adversaire principale va faire des économies», met-elle en garde. Elle promet aussi d'avoir «ce dialogue un peu musclé et exigeant avec l'État», qui attend des collectivités qu'elles partagent le fardeau des économies.

AGENDA LGBT
Pour Anne Hidalgo, il ne fait aucun doute qu'elle et les associations LGBT partagent les mêmes valeurs. «J'avais été heurtée par certaines rencontres dès la campagne de 2001, où des gens m'avaient dit qu'ils ne "voteraient pas pour un pédé". C'était très violent. Aujourd'hui encore avec l'égalité homme/femme, c'est très étrange d'avoir à se justifier de vouloir une éducation non sexiste et non discriminante. Nous avons encore un combat très lourd à mener.» La candidate PS propose de mettre en œuvre un agenda avec les associations, afin de consolider la politique publique mise en œuvre en direction des LGBT: «Il nous faudrait travailler de façon plus structurée et mieux organisée, sur un agenda et des actions concrètes».

La candidate conclut la rencontre en réaffirmant que les associations et elle peuvent lutter main dans la main contre les discriminations: «Vous pouvez compter sur moi. La parole homophobe s'est libérée, à nous de faire en sorte qu'elle ne précédera pas des actes.»

Le Centre LGBT Paris Ile de France organise mardi 4 mars un débat entre les candidat.e.s (ou leurs représentant.e.s) sur leurs engagements vis-à-vis des personnes LGBT. Toutes les infos.

Si la vidéo ne s'affiche pas, cliquez sur Anne Hidalgo à la rencontre des associations LGBT: «Paris doit s'assumer gay-friendly»

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