Avec la création de nouveaux noms de domaine dits de premier niveau, l’ICann (pour Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui gère les noms de domaine sur la toile s’assure de nouvelles entrées financières, comme l’explique ZDNet. Attendez-vous à bientôt voir apparaître des sites en .pink, .bible ou .gay. Pour ce dernier, la compétition est lourde d’enjeux: plusieurs sociétés rivalisent pour pouvoir l’administrer et revendre à des sites internet la possibilité d’avoir une URL avec cette extension. Parmi les entreprises en lice, certaines ont pour spécialité l’achat et la vente de noms de domaine. L’une, dotgay, dit au contraire vouloir agir pour la communauté LGBT en sorte que le nom de domaine .gay «fonctionne avec la sensibilité» de cette communauté, a expliqué à Gay City News le président de dotgay Scott Seitz.

COMMUNAUTÉ
L’objectif de dotgay, qui a dû verser plus de 135 000 euros pour postuler à la gestion du nom de domaine, est de s’assurer que l’on ne pourra pas trouver tout et n’importe quoi en .gay. Si cette organisation est choisie par l’Icann, un comité de partenaires validera l’inscription des sites et exclura les demandes non conformes aux valeurs de la communauté. Pour l’heure, dotgay est notamment soutenu par L’Autre Cercle, le comité Idaho, l’Ilga et l’Ilga-Europe ou encore Human Rights Campaign.

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Dans les prochaines semaines, l’Icann doit étudier la demande de dotgay via le Community Priority Evaluation (CPE). Cet examen déterminera si dotgay représente la communauté LGBT. L’Icann vérifiera entre autres qu’existe bien une communauté LGBT et que cette communauté soutient dotgay, comme on peut le lire dans le document d’évaluation publié par l’autorité de gestion des noms de domaine. Si dotgay parvient à remplir 14 des critères sur 16, elle obtiendra d’office la gestion de l’extension .gay. Dans le cas contraire, le nom de domaine sera accordé au plus offrant.

CONCURRENCE
Les entreprises rivales de dotgay multiplient les offensives. Dans un document adressé à l’Icann, elles remettent en cause la légitimité de dotgay, dans la mesure où le terme de «gay» ne peut recouvrir à lui seul l’ensemble des questions liées aux lesbiennes, bi, trans’, queer et d’autres. Pour elles, dotgay a tenté de créer une communauté uniquement dans le but de satisfaire les critères imposées par l’Icann et elles reprochent à dotgay d’avoir privilégié le terme «gay» à celui de «lgbt». «C’est dû à un manque de moyens», explique Renato Sabbadini, directeur exécutif de l’Ilga. Chaque candidature coûtant près de 135000 euros, les organisations LGBT qui soutiennent dotgay ont préféré miser sur .gay car «plus répandu et plus connu dans les différentes cultures tout en couvrant l’ensemble des questions LGBTI». «Si on avait pu, on aurait aussi demandé .lesbian ou .trans», assure Renato Sabbadini.

Si l’Ilga soutient dotgay, c’est aussi parce qu’aucune autre entreprise en lice pour le nom de domaine .gay n’a cherché à solliciter des organismes LGBT. Or, pour le directeur exécutif de l’Ilga, «il est nécessaire que les organisations LGBT puissent faire entendre leur voix dans la gestion de ce nom de domaine». Les concurrents de dotgay appellent quant à eux l’Icann à ne pas faire de sentimentalisme et à ne pas prendre au sérieux la demande de dotgay.

Photo dotgay