Rapporté par La Provence mercredi 26 février, un jeune homme de 23 ans, étudiant en architecture à Marseille, a été victime d’une agression à caractère homophobe il y a une quinzaine de jours. Aux alentours de 19h30, alors qu’il se trouvait rue de Village dans le 6e arrondissement, en plein centre ville, 4 jeunes mineurs de 17 ans l’ont interpellé, insulté puis lui ont bloqué le passage pour le rouer de coup tout en proférant des injures homophobes. On a ensuite tenté de lui voler son téléphone portable en le menaçant au couteau, avant d’être aidé par un témoin victime de l’agression.

Après enquête du Groupe de voie publique du secteur centre qui a pu identifier l’un des suspects, les quatre mineurs ont été arrêtés puis mis en examen la semaine dernière. Trois d’entre eux sont désormais sous contrôle judiciaire est le principal auteur de l’agression, déjà recherché pour vol avec violence, a été écroué à la prison pour mineurs de la Valentine. Le parquet de Marseille a été saisi, et les faits ont été jugés suffisamment graves pour que l’affaire soit instruite, notamment pour faits de violence avec circonstances aggravantes liées à l’orientation sexuelle de la victime selon le procureur de Marseille, joint par téléphone.

LE CLIMAT AMBIANT MIS EN CAUSE PAR LES ASSOCIATIONS LGBT
Dans un communiqué mercredi 26 février, le collectif IDEM (Identités- Diversités – Egalité – Méditéranée) par l’intermédiaire de son président Philippe Murcia s’est dit stupéfait d’apprendre la violence d’une telle agression et s’inquiète : « Comme il y a quelques mois à Paris ou à Lille, aujourd’hui c’est au tour de Marseille d’être le théâtre de violences homophobes. Partout en France en 2014, il n’est pas anodin de vivre encore ouvertement son orientation sexuelle ou son identité de genre. »

Le président du collectif IDEM alerte : « On a affaire à une agression violente. L’apparence efféminée aurait été vue comme un permis d’agresser fondé sur l’homosexualité présumée de la victime et parce que la masculinité de la personne est non conforme aux stéréotypes de genres. » Puis, il ajoute :

« On voit clairement ce à quoi conduit ce types d’a priori et de préjugés qui nourrissent une forme d’arrogance et d’agressivité. On ne peut pas déconnecter ce type d’agression du climat actuel. »

Solidaire, il tient à témoigner tout son soutien au jeune homme et à sa famille et rappelle qu’il faut continuer « à lutter partout contre toutes les formes d’homophobie.» « Les agresseurs sont des jeunes de foyer, il ne faut pas fermer la porte à la lutte contre l’homophobie dans les foyers » encourage-t-il.

Une analyse reprise par Romain Donda de SOS Homophobie en région PACA. « C’est le climat ambiant. » Il poursuit : « Ça nous paraît encore inimaginable ce genre d’agression en France à Marseille en 2014. Qu’attendent les gens pour se mobiliser ? Là, on a une agression extrêmement violente d’un homo et ça ne fait qu’une toute petite page dans La Provence. »

En 2012, plus de 30 témoignages de victimes d’homophobie ont été recueillis dans les Bouches du Rhône, selon le rapport SOS Homophobie 2013, soit le 4e département après Paris, le Rhône et le Nord, sur un total de 1977 témoignages en France. Si les chiffres pour l’année 2013 ne sont pas encore connus, la tendance est à la hausse. « A la fin des débats sur le mariage pour tous, on avait autant reçu autant de témoignages que l’année précédente. Le mariage pour tous n’a pas tout résolu » explique le porte-parole de SOS Homophobie.

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