Ancien chargé de mission «Mémoire» à la ville de Lyon, Michel Chomarat a été un collaborateur du sénateur-maire de la ville, Gérard Collomb (PS). Il a notamment créé un fonds d’archives LGBT en 1992. Gay et membre d’Homosexualités et socialisme (HES), il assure toutefois n’avoir jamais été adhérent au PS et figure aujourd’hui sur les listes du candidat EELV Patrick Odiard. «Je n’aurais pas été à ma place sur les listes de Gérard Collomb», indique-t-il. Il met notamment en cause les liens que l’édile entretient avec le cardinal Philippe Barbarin, pour qui ouvrir le mariage aux couples de même sexe est une invitation à l’inceste et à la polygamie.

«SOCIALISTE À PARIS, CENTRISTE À LYON»
«Gérard Collomb veut ratisser si large que c’est à se demander s’il est socialiste, estime Michel Chomarat. Il est très proche du cardinal Barbarin mais il ne peut pas faire le grand écart en permanence entre des proches de Barbarin et des gays.» En attendant que les listes définitives du maire sortant soient rendues publiques, le militant pro-LGBT pointe du doigt la présence de Jean-Dominique Durand, qui devrait y figurer. Professeur d’histoire à l’université Lyon-III, il a été conseiller culturel de l’ambassade de France au Vatican et il a présidé la fondation Fourvière. Ce catholique convaincu ne s’est pas exprimé publiquement sur l’ouverture du mariage, mais pour Michel Chomarat, cela démontre la duplicité de Gérard Collomb, «socialiste à Paris et centriste à Lyon». «Pour les socialistes gays, il ne sera pas évident d’être sur les listes de Collomb, assure-t-il. Ils devront gérer leurs contradictions.»

Trésorier national de HES et candidat sur les listes du maire sortant dans le Ier arrondissement de la capitale des Gaules, Nicolas Vervliet considère quant à lui que «le projet de Gérard Collomb est en accord avec les engagements du Parti socialiste pour l’égalité». Il indique n’éprouver aucune gêne: «Dans cet arrondissement, nous sommes trois gays, dont David Souvestre, ancien président de la Lesbian and Gay Pride de Lyon, affirme le candidat. Rien ne laisse penser que les LGBT sont attaqué.e.s ou mis.es de côté. Au contraire, on les écoute. La municipalité de Lyon est l’une des plus ouvertes en France.» Que penser de la présence de Jean-Dominique Durand sur les mêmes listes? «Il ne s’est pas engagé contre le mariage pour tous, insiste Nicolas Vervliet. On ne peut pas présupposer son positionnement. Gérard Collomb est le maire d’une grande ville dotée d’une importante communauté catholique mais tout le monde n’y est pas contre le mariage pour tous. Il ne faut pas faire d’amalgame. Nous avons travaillé avec des catholiques outré.e.s par la position de l’église et il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.»

«PAS TRÈS PROACTIF»
Au-delà de la situation locale, Michel Chomarat trouve que le gouvernement n’a pas donné satisfaction, «notamment avec le renvoi de la loi famille à on ne sait quand». Il estime que «les écolos ont toujours été clairs sur les questions LGBT» et rappelle qu’il y a déjà dix ans, Noël Mamère mariait un couple d’hommes à Bègles. «Hollande est de plus en plus hésitant et Gérard Collomb a suivi Hollande dans ses hésitations», juge le militant. Le maire de Lyon avait indiqué qu’il ne marierait pas de couples de même sexe et avait fait part des réserves de certains parlementaires – dont lui-même – sur la loi ouvrant le mariage. «Il n’a pas été très proactif, reconnaît Nicolas Vervliet, mais il est favorable à la liberté des individus. Il n’est en aucun cas contre le mariage des homos. Dans le cas contraire, HES aurait réagi. Vous pouvez me croire: je garde ma liberté de parole et je préfèrerais la garder plutôt que d’être sur une liste.»

Photos YouTube (Gérard Collomb) et YouTube (Philippe Barbarin)