Au sein de quelle armée les personnes LGBT sont-elles les plus intégrées ? C’est la question à laquelle une étude hollandaise du Centre des études stratégiques de La Haye, un thinktank indépendant, a cherché à répondre en recueillant différentes données sur les forces armées d’une centaine d’états dans le monde, diffusées jeudi 20 février.

Résultats : la France pointe à une bonne dixième place au palmarès avec un score de 91,8 sur 100, à égalité avec l’Espagne et juste devant l’Allemagne, mais loin derrière le trio de tête très LGBT-friendly, à savoir, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et le Royaume Uni. Le Nigeria, où la répression de l’homosexualité s’aggrave, l’Iran et l’Arabie Saoudite ferment la marche. Si la Russie pointe à la 73ème place, les États-Unis ne sont que 40e. Jusqu’à son abrogation par le Congrès fin 2010, la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » interdisait aux militaires américains de faire leur coming-out.

Armée LGBT

LES CRITÈRES
Parmi les critères d’études qui ont permis de donner la carte ci-dessus, on retrouve le degré d’intégration des personnels LGBT au sein de l’armée, le degré de persécution de l’homosexualité, ou la façon dont sont engagés les pouvoirs publics dans la reconnaissance et l’intégration des lesbiennes, gays, bi.e.s et trans. De manière plus explicite, les auteurs de l’étude ont examiné l’existence de règles discriminatoires à l’encontre des LGBT pour exercer un métier militaire, l’existence d’organisations LGBT au sein de l’armée, la reconnaissance des mariages et unions homosexuelles, les mesures pour lutter contre l’homophobie et la transphobie, etc.

Un panel de critères pour lesquels la France est plutôt à la pointe. Là où l’armée française pêche, c’est dans l’absence d’organisations ou d’associations militaires LGBT, l’absence de représentations des forces armées lors de la Gay pride ou des marches des fiertés, et l’absence de déclaration officielle pour la reconnaissance et de reconnaissance officielle de l’identité de genre.

L’enquête ne dit cependant rien de la perception de l’homophobie ou de la transphobie par les militaires eux-mêmes, et ne dit rien sur les actes LGBT-phobes commis à l’encontre des militaires LGBT. Si elle permet de prendre la mesure de l’intégration des personnes LGBT dans les forces armées de chaque pays, l’étude, qui traite pour la première fois du sujet, n’est pas exempte de critiques, et mériterait approfondissement.

Photo Seneweb