Dans une interview accordée à Trois Couleurs, le magazine des cinémas MK2, la réalisatrice lesbienne Virginie Despentes a livré quelques clés qui expliquent selon elle les raisons qui ont poussé Civitas et d’autres opposant.e.s à l’égalité des droits à protester contre la diffusion de Tomboy dans les écoles, mais aussi à la télévision. «Tomboy, c’est l’histoire d’une petite fille qu’on va regarder avec douceur, décrit Virginie Despentes. Je n’imagine pas trop [la réalisatrice] Céline Sciamma se frottant les mains en relisant son scénario et se réjouissant dans un éclat de rire sardonique: « Ha ha ha! Je vais convertir plein de gentilles petites filles en grosses gouinasses! » ou alors elle cache bien son jeu, parce que le film ne ressemble pas franchement à une œuvre de propagande.»

Pour Virginie Despentes, si des parents se montrent virulents dans leur opposition à ce film – comme ce fut le cas à Angers où deux hommes ont empêché une sortie scolaire – c’est qu’il s’agit pour ces parents d’avoir un contrôle total et absolu sur l’esprit de leur progéniture. Si leurs enfants ne correspondent pas à leur vision du monde, ces personnes s’arrogent le droit «de les éliminer». «C’est pourquoi les livres les inquiètent tant, explique la réalisatrice, car quand les enfants apprennent à lire ils échappent à leurs parents, ils peuvent aller chercher une vision du monde différente de celle qu’on leur sert à la maison, et l’école les inquiète aussi – ce moment où les enfants ne sont plus enfermés sous leur seul contrôle.» À lire sur Trois Couleurs.