La même semaine, deux informations se sont télescopées du côté du cinéma: le coming-out de l’actrice Ellen Page et l’annonce d’un biopic, intitulé Tracy and Hepburn, sur «la longue histoire d’amour entre deux légendes de l’écran, Spencer Tracy et Katherine Hepburn». Ces annonces n’ont pas échappé à William J. Mann, auteur d’une biographie de Katharine Hepburn. Selon lui, ces deux événements sont les «deux côtés de la porte du placard hollywoodien».

Ellen Page, actrice de Bliss et de Juno, a fait un coming-out retentissant, expliquant qu’elle n’en pouvait plus de mentir et de se conformer à des stéreotypes.
Pour William J. Mann, ce projet de film sur Hepburn est une excellente idée car elle était une immense actrice. Mais selon ce biographe (on lui doit aussi une bio d’Elizabeth Taylor), «sa complexité et son pouvoir de fascination sont intimement liés au fait qu’elle a fait bouger les lignes du genre et a ouvert la voie de la libération sexuelle bien avant qu’Ellen Page, qui lui ressemble tellement en esprit et en courage, ne soit née.»

William J. Mann rappelle que l’actrice de L’Impossible Mr Bébé ou de Holiday s’attaquait aux egos des hommes. Mais même dans la vie, Katherine Hepburn était une «franc-tireur» selon l’expression de l’auteur. Dans une interview avec Barbara Walters, elle expliquait qu’elle «avait choisi de porter des pantalons il y a 50 ans et avait trouvé une voie médiane.»
Katharine Hepburn a aimé des hommes et des femmes mais selon Mann, elle a trouvé plus d’épanouissement auprès des femmes. Et ses amours avec des femmes (dont Laura Harding et Phyllis Wilbourne) étaient un secret de polichinelle à Hollywood. Tout comme les fréquentations homos de Spencer Tracy. Leur réelle amitié amoureuse était connue de tous et la légende du couple parfait, véhiculé par les nombreux films qu’ils ont tourné  ensemble, a été gravée dans le marbre par les biographies des année 50.

UNE AUTRE IDÉE POUR LE FILM
Pour William J. Mann, nous n’acceptons plus ces romances inventées par Hollywood. Sans connaître le script du film sur Hebpurn et Tracy, l’auteur propose une autre idée pour un film, pourquoi pas avec Ellen Page ajoute-t-il: «Montrer comment sa recherche acharnée de célébrité a fait qu’Hepburn passerait toute sa vie à se battre entre les exigences de la « créature » (c’est ainsi qu’elle surnommait son image publique) et les relations plus bohèmes et moins conventionnelles qui l’attiraient. Ce qui résonnera dans le public sont les moyens qu’Hepburn a dû utiliser pour s’inventer un rôle pour le genre de femme qu’elle était, sa propre personnalité. Le sexe, l’amour et les relations étaient seulement les prémices des choses qu’elle a dû apprendre, remodeler et souvent rejeter.»

Sur cette personnalité fascinante et complexe, William J. Mann livre une analyse passionnante, pour laquelle il conclue: «La vraie Hepburn rend la version conte de fées totalement ennuyeuse.»

A lire sur The Huffington Post.