LE BOYCOTT DE LA SEMAINE
La politique a rattrapé le sport aux Jeux olympiques de Sotchi qui s’achèvent dimanche 23 février. Nombre d’athlètes ukrainien.ne.s ont quitté Sotchi et ses Jeux, jeudi 20 février, et certaines ont carrément boycotté les dernières épreuves pour protester contre le bain de sang à Kiev. Mercredi, Marina Lisogor et Katerina Serdiouk ne se sont pas présentées aux demi-finales du cross-country. Bodgana Matsotska (en photo ci-dessus avec son père et entraîneur Oleg Matsotskyy) ne disputait pas le slalom, vendredi.

«Nous sommes choqués par les événements qui ont eu lieu hier (mardi) à Kiev, avait indiqué le comité national olympique ukrainien présidé par l’ancien perchiste Serguei Bubka. Nous pensons à nos familles et à ceux qui nous sont chers chez nous, en Ukraine, et nous ferons tout pour les honorer sur les terrains de compétition, à Sotchi. Nous sommes en deuil et exprimons nos sincères condoléances après la mort de nos compatriotes.» Serguei Bubka, également membre du comité international olympique (CIO) et ancien député du parti des Régions du président ukrainien Ianoukovitch, a demandé à ce que la trêve olympique soit respectée.

LES JEUX DE LA SEMAINE
Les Open Games s’ouvrent mercredi 26 février à Moscou. Pendant 5 jours, 250 athlètes de 11 pays, dont une délégation de Paris 2018, vont faire du sport pour protester contre les lois homophobes russes. Ces Jeux sont organisés pour montrer au monde «que nous sommes des gens normaux, de bonnes personnes qui font du sport et qui gagnent des médailles», a indiqué Konstantin Yablotsky, président de la fédération sportive LGBT.

LE TWEET DE LA SEMAINE
Irréelle impression, les images de l’agression des Pussy Riot retransmise sur des centaines d’écrans de la salle de presse principale à Sotchi. Le cliché est partagé par Shaun Walker, correspondant du quotidien The Guardian, qui a quitté la Russie vendredi matin pour rejoindre Kiev.

LE MAKING-OF DE LA SEMAINE
Vous avez aimé la vidéo Your Disco Needs You du réalisateur américain Ryan James Yezak publiée vendredi matin sur Yagg, vous devriez apprécier le making-of:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Behind the Scenes: Ryan Yezak’s « Your Disco Needs You »

LE SOUTIEN DE LA SEMAINE
Celui de Bernie Ecclestone à Vladimir Poutine. Dans un entretien à CNN, le grand patron de la Formule 1 a affirmé être «complètement d’accord» avec la politique du Président russe à l’encontre des personnes LGBT. «Il ne dit pas qu’il n’est pas d’accord avec l’homosexualité, juste qu’il ne veut pas que l’on parle de ces choses à des personnes de moins de 18 ans, a expliqué Bernie Ecclestone. Je suis entièrement d’accord avec ce sentiment et si vous faisiez un sondage mondial, 90% des gens seraient d’accord aussi.» Sotchi accueillera en octobre le premier Grand Prix de F1 de Russie.

LE RÉSUMÉ DE LA SEMAINE
Ce qu’il se passe en Ukraine et autour des Jeux de Sotchi ne donne pas le cœur à s’appesantir sur les résultats sportifs. Notons néanmoins que la patineuse de vitesse néerlandaise Ireen Wüst, qui est ouvertement bisexuelle, a remporté mercredi sa quatrième médaille de ces Jeux, la troisième en argent, sur le 5000 mètres. Retrouvez tous les articles de Yagg sur les Jeux olympiques de Sotchi ici.

L’OPINION DE LA SEMAINE
Une opinion bien trempée d’une joueuse de football: Megan Rapinoe écrit sur le site lesbien She Wired qu’il est «incroyablement important» pour un.e athlète de sortir du placard: «Après mon coming-out, ce n’est pas comme si ma vie quotidienne avait changé, mais savoir que j’avais aidé des gens a fait la différence. Sortir du placard est une décision personnelle, et je ne dirai jamais qu’une personne doit le faire, mais je pense que c’est incroyablement important.» La footballeuse américaine estime aussi: «Si votre équipe ne sait pas comment gérer le fait d’avoir un.e membre homo, alors votre équipe est nulle».

LA DÉCLARATION DE DE LA SEMAINE
«On ne peut presque plus revendiquer qu’on est hétéros», explique Philippe Candeloro dans un entretien au Parisien en réponse aux nombreuses critiques sur ses commentaires beaufs ou sexistes ou les deux. Donc, si on comprend bien, un hétéro doit être beauf et sexiste. De très nombreux de mes amis apprécieront.

LA CITATION DE LA SEMAINE
De Solange Droual, journaliste franco-togolaise, dans un entretien à notre partenaire Africa Top Sports:

«L’Afrique n’est pas un exemple en matière de tolérance en ce qui concerne l’homosexualité. Ça reste encore et trop souvent un sujet tabou. Avant que les sportifs africains endossent un rôle sur l’évolution des mentalités, il faudrait d’abord que les dirigeants africains montrent l’exemple et arrête de considérer l’homosexualité comme une maladie. Je pense qu’on est encore loin du compte mais je garde espoir car l’Afrique c’est le continent du futur!»

L’HUMOUR DE LA SEMAINE
Elle a préféré prendre avec humour les messages de haine qu’elle a reçus. Belle Brockhoff, l’une des athlètes out des Jeux, 8e dans le snowboard cross: «J’ai reçu des tweets haineux, a déclaré l’Australienne. Mais c’est bien d’avoir les deux côtés de l’histoire, et d’essayer d’ouvrir un peu plus les yeux avant de parler. J’ai été traitée de « lesbienne quelque chose », mais j’ai trouvé ça plutôt drôle. Il y a un type qui disait « Je suis juste derrière Poutine, tu devrais te casser une jambe et être jetée en taule… » La haine, c’est marrant.»

LES EXCUSES DE LA SEMAINE
Celles de l’Irlandais Neil Francis, ancien joueur de rugby (36 sélections avec l’Irlande), qui avait expliqué dans un entretien que les homos ne s’intéressaient pas beaucoup au sport, qu’il y en avait peu dans le sport professionnel et que lui-même ne s’intéressait pas au ballet… Les propos avaient provoqué une levée de bouclier sur les réseaux sociaux. «C’était extrêmement maladroit», a reconnu Neil Francis.

LA PHOTO DE LA SEMAINE
Un petit moment de détente avec le charmant Ben Cohen qui s’est essayé au trampoline… sans grand succès.

Photo via Facebook

Suivez Bénédicte Mathieu sur Twitter: benedicteliesse