La Finlande va-t-elle enfin ouvrir le mariage à tous les couples d’ici la fin de l’année? Pour de nombreux/ses observateurs/trices finlandais.es, ce n’est plus qu’une question de temps. Jeudi 20 février, à la suite d’une pétition qui a recueilli plus de 166000 signatures en six mois – une initiative populaire intitulée Tahdon 2013 s’appuyant sur une loi de 2012 –, une proposition pour élargir le mariage a été portée devant le Parlement finlandais, puis vivement débattue.

Présentée au porte-parole du Parlement en décembre et après le débat initial ce jeudi, la proposition de loi doit à nouveau franchir le cap de la Commission des lois pour pouvoir être votée. En février 2013, la Commission avait déjà rejeté par 9 voix contre 8 un texte similaire.

Une majorité de Finlandais.es soutient cette proposition selon un sondage de l’initiative Tahdon 2013 avec 58% d’opinions favorables et 34% de contre. Une pétition s’opposant au changement de législation sur le mariage a par ailleurs obtenu 42000 signatures. Selon les instigateurs/trices de cette initiative populaire, 108 député.e.s seraient également en faveur du texte, issus des Verts, de l’Alliance de la gauche, des sociaux-démocrates ou du Parti des Suèdois. Le parti conservateur au pouvoir et le Parti du Centre sont, eux, très partagés.

La Finlande est le seul pays nordique à ne pas encore avoir de législation sur le mariage pour tous après la légalisation en Suède et en Norvège en 2009, en Islande en 2010 puis au Danemark en 2012. En revanche, un partenariat civil a été adopté en 2002 et l’adoption des enfants biologiques du partenaire est autorisée depuis 2009.

«Maintenant c’est le tour de la Finlande de rejoindre ce groupe», a déclaré le deputé des Verts Oras Tynkkynen, selon l’AFP, qui poursuit :

«Pourquoi deux pères ou deux mères seraient-ils/elles plus mauvais parents qu’une femme et une homme?»

Pour Urpo Kangas, un professeur de droit civil à l’Université d’Helsinki contacté par YLE, historiquement la Finlande suit toujours ses voisins scandinaves sur le terrain des droits, en particulier la Suède.

Photo Hteink Min