«Si votre équipe ne sait pas comment gérer le fait d’avoir un.e membre homo, alors votre équipe est nulle», écrit Megan Rapinoe, footballeuse américaine ouvertement lesbienne – qui a claqué la porte de l’Olympique lyonnais en janvier – dans une tribune publiée sur le site lesbien She Wired.

La footballeuse attaque fort, qui débute son texte ainsi:

«Il me semble que s’il y a un endroit sûr où faire son coming-out cette semaine, c’est à Sotchi, en Russie, aux JO. Je ne pense pas que Vladimir Poutine fera quoi que ce soit pour que sa loi contre la prétendue propagande soit appliqué envers des athlètes olympiques.»

Au contraire, écrit-elle, elle a l’impression que le président russe a fait en sorte que les athlètes homos soient bien accueilli.e.s. Ce qui rendrait un coming-out à Sotchi paradoxalement assez facile.

«On peut le faire avec subtilité – ce sont les JO, et les JO sont spéciaux, mais la situation anti-LGBTQ en Russie dépasse les JO. Il s’agit de droits humains.»

D’autant, rappelle-t-elle, qu’il n’est pas simple d’être dans le placard dans le milieu du sport. «Après mon coming-out, ce n’est pas comme si ma vie quotidienne avait changé, mais savoir que j’avais aidé des gens a fait la différence. Sortir du placard est une décision personnelle, et je ne dirai jamais qu’une personne doit le faire, mais je pense que c’est incroyablement important.»

Son coming-out, dit-elle, a été un non-événement au sein de l’équipe des États-Unis.

«Nous sommes des pros, et nous devons savoir faire notre boulot quoi qu’il arrive.»

Megan Rapinoe renvoie aussi dans à leur hypocrisie celles et ceux qui s’inquiètent qu’un.e athlète homo les regarde dans les douches: «Si vous passez votre temps à regarder si Michael Sam [le footballeur américain qui a fait son coming-out le 9 février] vous regarde, alors qui regarde qui?»

Quant à l’impossibilité de faire des blagounettes homophobes, elle réplique: «Vous savez quoi? Vos blagues homophobes ne sont pas drôles. Peut-être ne devriez-vous juste pas les raconter.»

Elle conclut en s’adressant aux sportives et sportives homos (et cela vaut aussi pour les bi.e.s, même si elle emploie le terme «gay»):

«Si vous êtes un.e athlète homo, alors c’est ce que vous êtes. Acceptez-le, et si vous pouvez sortir du placard, sachez que vous avez aidé quelqu’un, quelque part, à se sentir mieux, et vous avez donné à d’autres et au monde l’espoir de lendemains meilleurs.»

Photo Jay Solomon