Dans la nuit du samedi 15 février, plusieurs bâtiments de Toulouse ont été la cible de dégradations. Sur les façades de l’Espace municipal des Diversités de la laïcité et du cinéma d’art et essai Utopia ont été taguées des inscriptions homophobes et antisémites, avec entre autres croix celtiques, insultes et dénonciations du Conseil représentatif des institutions juives (Crif). Les locaux de campagne du candidat du Parti de gauche et celui du Front de Gauche aux municipales ont subi les mêmes attaques. L’entrée de l’Université Toulouse 1 Capitole et le cimetière de Salonique ont aussi été visés.

«RELENTS DES ANNÉES NOIRES»
Le maire PS de Toulouse, candidat à sa réélection, Pierre Cohen s’est dit profondément choqué par de tels actes: «Ces messages de haine sont un danger pour notre République. Il est de notre responsabilité de ne pas laisser s’installer ce climat délétère aux relents des années noires. Nous avons créé l’Espace des diversités pour lutter contre toutes les formes de discrimination et nous ne laisserons pas l’intolérance et la haine bafouer les valeurs fondamentales qui font la force de notre République. Je demande aux services de police de faire la lumière le plus rapidement possible sur cette affaire pour que les auteurs de cet acte soient punis.» Pour Myriam Martin, deuxième sur la liste de Jean-Christophe Sellin, candidat du Parti de Gauche aux municipales, «les auteurs sont les mêmes que ceux qui ont défilé le 26 janvier à Paris à l’appel d’un collectif « Jour de colère »». D’après l’AFP, l’inscription «Toulouse nationaliste», du nom d’un groupuscule d’extrême droite, a été taguée devant le local du Front de gauche.

UNE MANIFESTATION PRÉVUE LE 22 FÉVRIER
L’association LGBT Arc En Ciel Toulouse a bien entendu fait part de sa colère face à ce déversement de haine et dénonce «avec la plus grande fermeté ces actes aussi odieux qu’insupportables». L’association «renvoie chaque responsable politique et religieux à ses responsabilités, particulièrement en cette période de campagne électorale municipale, et considère que face à l’homophobie, à la transphobie, au racisme, à l’antisémitisme et au sexisme, les reculades ne sont plus acceptables». Elle appelle en outre à manifester le 22 février pour condamner publiquement ces atteintes. Par ailleurs, elle demande l’interdiction de la manifestation de «Jour de colère» prévue le 5 avril.

Photo Sébastien Kinach