Le reportage réalisé par Élise Menand et Madeleine Leroyer sur l’homophobie en Russie a l’avantage de donner un visage aux victimes de la loi «anti-propagande homosexuelle». Diffusé ce soir dans Envoyé Spécial, il donne la parole à Vladislav, un lycéen gay à qui l’on inculque qu’à l’instar de l’alcoolisme et de la toxicomanie, l’homosexualité est destructrice. Régulièrement harcelé par ses camarades, il ne trouve aucun soutien auprès des enseignant.e.s qui l’accusent de provoquer les violences dont il est victime. On découvre également Olga, elle-même enseignante, qui a été poussée à la démission après que sa bisexualité a été dévoilée. Elle était soupçonnée de rendre les enfants malades.

Depuis le passage de la loi «anti-propagande», des citoyen.ne.s se sentent en droit de traquer les LGBT. Dénigrement sur les réseaux sociaux, guet-apens ou agressions physiques, tout est permis puisque la police ne voit là rien de répréhensible. Pour Vitali Milonov, le député à l’origine de la loi, l’homosexualité est comme une grippe dont il faudrait vacciner la population. Il n’hésite pas à comparer les relations homosexuelles à la zoophilie et assure que François Hollande est «le portier de l’enfer» maintenant que la France a ouvert le mariage aux couples de même sexe.

Selon une journaliste de l’opposition, ces manœuvres ne sont toutefois qu’une stratégie pour «détourner la colère du peuple». Les minorités servent de boucs émissaires pour empêcher les autres citoyen.ne.s de voir les failles du régime en place. Dans ce climat extrêmement tendu, quelles solutions pour les LGBT russes? Certain.e.s évoquent la fuite. Un couple de mères envisage ainsi de demander l’asile au Québec au cas où une nouvelle loi viendrait à les priver de la garde de leurs filles. Un ancien prisonnier du goulag, emprisonné pour homosexualité, recommande quant à lui de se taire et de faire profil bas. Ainsi que l’a relevé la journaliste Élise Menand dans une interview accordée à 20 Minutes, les LGBT sont intimé.e.s au silence, alors que dans le même temps, la parole homophobe est tout à fait légitime. Bi, trans’ et homos redoutent les lumières des caméras, tandis que les homophobes ne se cachent pas pour afficher leur haine. Un document à ne pas manquer.

Ce soir à partir de 20h50 sur France 2.

Photo France 2