Grande première cette année: la 21e édition du festival de cinéma Désir… Désirs a lieu en février: «Nous avons avancé le festival de trois mois afin de ne plus être en concurrence avec le beau temps du mois de mai et les nombreux festivals gratuits, explique Julien Guinebault, un des organisateurs. En effet, le public préfère être dehors après une longue période d’hiver, ce que nous comprenons. Février est un mois d’hiver et nous allons réchauffer les salles avec une programmation hispanique.»

«CUERPOS»
Les organisateurs et organisatrices du festival ont en effet choisi de mettre les «cuerpos», les corps en espagnol, au cœur de la programmation: «Depuis plusieurs années, des films latino-américains et espagnols nous marquent (Le dernier été de la Boyita, XXY, 80 jours, Gueriller@s…). L’Amérique latine est à la pointe des questions sur le genre autant dans le cinéma que par les artistes performers et plasticien.ne.s, remarque Julien Guinebault. Le thème est pour nous un axe de recherche qui nous permet de découvrir et redécouvrir des perles. Cette année, nous avons la chance de recevoir le samedi 15 février le réalisateur catalan Ventura Pons qui est assez méconnu en France. Il a pourtant réalisé 25 films dont un bon quart traite d’homosexualité ou de genre. C’est aussi l’occasion de rediffuser Dans les ténèbres de Pedro Almodovar que peu de personnes connaissent.» À noter que la réalisatrice Anna Margerita Albelo, alias La Chocha, sera aussi présente le 16 février pour présenter son dernier film Qui a peur de Vagina Woolf?.

UN ÉCHO INVOLONTAIRE À L’ACTUALITÉ
L’an dernier, Désir… Désirs avait construit sa programmation autour des genres, une thématique qui se retrouve aujourd’hui au cœur des débats: «Le thème de l’année dernière était un clin d’œil car le festival traite depuis 21 ans du genre, indique Julien Guinebault. Nous ne cherchons pas à faire écho à l’actualité mais nous nous faisons souvent rattraper avec le mariage pour tous, le débat sur le fait de parler d’homosexualité à l’école, les diffusions de films sur l’église pendant les scandales autour de la pédophilie. Cette année nous affichons directement la couleur avec le débat « Mon sexe est-il mon genre? » en partenariat avec le CNP (cinéma national populaire) et le Centre LGBT de Touraine. Ainsi, tout le monde pourra venir s’exprimer autour du documentaire Gueriller@s de Montse Pujantell, qui sera présente.»

«À NOUS DE MONTRER LES AUTRES FACETTES DU CINÉMA»
L’équipe de Désir… Désirs revendique par ailleurs de ne pas faire un festival étiqueté LGBT: «C’est un choix délibéré qui parfois nous attire le mépris de la « communauté », affirme Julien Guinebault. Nous ne programmons pas un festival pour homosexuels, nous programmons un festival où chacun peut se retrouver, se sentir bien, se questionner, se rencontrer, s’apprécier. Notre fierté est lorsque des personnes hétérosexuelles nous disent s’être identifiées à une histoire qui parle d’homosexualité. En effet depuis plus de 100 ans le cinéma met en avant des icônes bien normées, à nous de montrer les autres facettes du cinéma. Autre fierté, quand des homos nous disent pouvoir montrer ces films, à leurs parents, grands-parents ou amis et pouvoir échanger ensuite, nous sommes heureux. Cependant, nous acceptons pleinement notre image autour des thématiques de genre et d’homosexualité car il est important pour des personnes de se construire à travers des films et de pouvoir partager une émotion avec des personnes qui les comprennent.» Et pourquoi pas aussi attirer un public moins local?: «Paris n’est qu’à 1h10 de train, nous sommes presque en banlieue! Pour cela nous proposons un pass week-end qui permet de voir 12 séances pour 30 euros!»

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