Généticien et essayiste, Axel Kahn, qui fut membre du Parti communiste puis du Parti socialiste, était invité hier, lundi 10 février, à commenter l’actualité au Grand Soir 3, sur France 3.

Parmi les sujets abordés, l’abandon de la loi Famille (qu’il regrette d’autant plus que le texte ne contenait, souligne-t-il, aucun élément controversé), et, partant, la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA).

Sur la PMA, il juge logique d’attendre l’avis – qui n’est que consultatif, rappelle-t-il, du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), dont il a été membre pendant 12 ans, de 1992 à 2004: «Puisqu’on a demandé l’avis du Comité consultatif national d’éthique, encore faut-il attendre qu’il ait dit ce qu’il en pensait». S’il était toujours membre du CCNE, la position d’Axel Kahn serait la suivante: «Je ne vois pas de raison fondamentale de m’opposer à cette revendication de ces nouveaux couples de femmes. Je ne vois pas pour quelle raison. D’abord parce qu’il doit y avoir aujourd’hui par an 20000 à 22 ou 23000 naissances par PMA. Et il y en a au moins un millier à l’étranger. Donc aller à l’étranger parce que c’est difficile de le faire en France pour demander une fécondation in vitro ou bien un don d’ovocyte, c’est quelque chose qui est habituel. Malheureusement ça se fait sous contrainte évidemment de situations économiques et également dans des conditions éthiques que la France ne règle pas.»

«Deuxième point: il faut bien reconnaître que le fait de faire face à l’étranger n’est pas suffisant. Est-ce qu’on a un argument à opposer à ces femmes? Aujourd’hui il y a des centaines de milliers de foyers monoparentaux, parfois d’enfants qui ont le malheur de savoir qu’ils ont été abandonnés… Non seulement c’est un couple comme les autres, mais pourquoi est faite la PMA? Elle est faite pour les couples qui sont stériles. Ces couples-là particuliers sont dans le couple effectivement stériles. Je ne vois pas que l’on mette effectivement les enfants en danger et je ne vois pas que l’on ait des arguments rationnels à opposer aux femmes qui demandent cela.»

Sa position sur la gestation pour autrui est très différente: «Qu’un couple d’hommes ait un désir d’enfant est légitime, reconnaît le scientifique. D’ailleurs la loi leur permet d’adopter comme vous le savez des enfants. Cela étant dit, (…) comme ce sont des hommes, ils ne peuvent pas avoir d’enfants, contrairement aux femmes. Et par conséquent, s’ils veulent un enfant de leur sang, il faut qu’ils « louent », en quelque sorte, la fonction gestatrice d’une mère porteuse. Or je crois qu’introduire la fonction gestatrice des femmes dans le circuit marchand (…) ce n’est pas un progrès, ni pour la société, ni pour les femmes.»

Et de poursuivre: «Mon fantasme, c’est de mettre un enfant au monde, d’être enceint et d’accoucher. Je ne peux pas, vraiment quoi que je fasse je ne peux pas. Je ne considère pas que je suis discriminé, je ne peux pas parce que je suis un homme.» «Vous avez eu des enfants, c’est différent», rappelle la journaliste Patricia Loison. «J’ai eu des enfants, avec une femme», admet Axel Kahn.

S’il refuse de commenter la polémique lancée par Jean-François Copé sur le livre pour enfants Tous à poildont les ventes s’envolent – parce qu’il n’a pas lu l’ouvrage en question, il s’étonne néanmoins que quiconque puisse ne pas trouver «intéressant» de réfléchir aux mécanismes qui font que les femmes ont plus de mal à accéder à certaines fonctions que les hommes.

Pour (re)voir l’émission, cliquez sur l’image (PMA à 23’22, GPA à 30’22, égalité hommes-femmes à 32′):

Grand Soir 3 Axel Kahn