Michael Sam, l’un des plus grands espoirs de la NFL (il a de grandes chances d’être «drafté» prochainement), a fait son coming-out hier, dimanche 9 février, dans des interviews au New York Times et à ESPN. Et alors que la question de l’homophobie – ou de l’embarras – du milieu sportif est loin d’être réglé, les réactions sont pour l’instant positives. À commencer par celle de la NFL, qui a salué «l’honnêteté et le courage de Michael Sam» et précise: «Michael est un footballeur. Tout joueur compétent et déterminé peut réussir en NFL. Nous attendons avec impatience d’accueillir et de soutenir Michael Sam en 2014».

Michael Sam joue actuellement avec l’Université du Missouri, qui, selon les spécialistes, vient de connaître sa 2e meilleure saison depuis 1960, la preuve qu’avoir un joueur ouvertement gay n’altère en rien la cohésion d’une équipe.

L’équipe s’est d’ailleurs elle aussi réjouie de l’annonce de son joueur:

Michael Sam a en retour remercié ses coéquipiers:

 

Car, comme le raconte le New York Times, l’équipe était déjà au courant. Michael Sam a fait son coming-out auprès de ses entraîneurs et des membres de l’équipe en août dernier, et même s’il a fallu aux autres garçons un temps d’adaptation pour cesser les blagues homophobes dans les vestiaires, l’expérience a été positive pour Michael Sam. Et plusieurs sportifs, en NFL et dans d’autres sports, ont salué son courage.

LA NFL EST-ELLE PRÊTE?
L’avenir sera-t-il aussi rose pour lui? Un coming-out en tout début de carrière est une expérience quasi inédite, en NFL et ailleurs. La NFL, dont les statuts interdisent toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, n’est néanmoins pas exempte de tout reproche. Chris Kluwe affirme avoir été victime d’insultes homophobes et rejeté de l’équipe des Vikings du Minnesota après avoir affirmé son soutien à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, les déclarations homophobes de joueurs ne sont pas rares, et les chasseurs de tête des équipes ont tendance à vouloir savoir si un joueur est hétéro avant de songer à l’embaucher.

«Je comprends l’importance [de ce coming-out], a déclaré Michael Sam à ESPN. Personne ne l’a fait avant. Et c’est un peu délicat, mais je sais ce que je veux être. Je veux être un footballeur de la NFL.» S’il a choisi de parler maintenant, c’est pour couper court aux rumeurs qui ont commencé à naître, au fur et à mesure que sa notoriété augmente.

«C’est ma vérité… Personne d’autre que moi ne devrait raconter mon histoire.»

Michael Sam n’a pas été seul dans ce processus. Outre son équipe et sa famille, des professionnels out l’ont accompagné, comme l’a confirmé le basketteur Jason Collins, qui a fait son coming-out au printemps 2013, sur Twitter:

 

Sur OutSports, Cyd Zeigler raconte les coulisses du coming-out de Michael Sam. Aux côtés du sportif, on retrouve Howard Bragman, l’agent ouvertement gay qui a aidé notamment Chaz Bono, Meredith Baxter ou encore Chely Wright à faire leur coming-out. Ne vous attendez pas à voir Michael Sam s’engager plus avant dans le militantisme, a averti Howard Bragman:

«La communauté gagne lors qu’il met un pied sur un terrain de NFL et joue un match, pas parce qu’il sera en tête de la gay pride. Il le fera peut-être plus tard, mais sa première année doit être consacrée au football».

Samedi, à la veille de la révélation, Howard Bragman a organisé une fête de coming-out pour Michael Sam, à laquelle ont participé Dave Kopay – ancien joueur de NFL qui est sorti du placard en 1975 –, Chris Kluwe, Brendon Ayanbadejo, Wade Davis – tous anciens de NFL et «alliés» hétéros des LGBT –, Billy Beane – star du baseball out depuis plus de 10 ans. Si son entourage a montré quelques signes de nervosité, Michael Sam, lui, bouillonnait d’enthousiasme.

«C’est vous qui êtes nerveux, s’est-il amusé. Moi je suis surexcité.»

Photo via Twitter