La drag queen irlandaise Panti Bliss, Rory O’Neill dans le civil, avait été invitée à la télévision pour parler de l’homophobie. Avec courage, elle a dénoncé comme étant «homophobes» les opposant.e.s à l’égalité des droits. Un éditorialiste prétendait que «le lobby gay», rongé par la jalousie et l’envie, avait pour visée «la destruction du mariage». Une autre affirmait que dans certaines circonstances, l’égalité doit céder le pas à la faveur du bien commun…

Vexé.e.s que leurs propos aient été considérés comme homophobes, ces personnes ont porté plainte pour diffamation. Des responsables politiques et des journalistes ont pris le parti de ces opposant.e.s à l’égalité, estimant que tant qu’il n’y avait pas de violence physique ou d’insulte, il n’y avait pas d’homophobie. La chaîne de télévision qui a donné la parole à Panti Bliss a également versé une indemnité de 85000 euros aux auteur.e.s des propos homophobes pour les inciter à renoncer à leur plainte. Les personnes accusées ont retiré leur plainte contre la chaîne… mais l’ont maintenue contre Panti Bliss.

À l’issue d’une pièce de théâtre jouée à Dublin, la drag queen a pris la parole pour dénoncer l’homophobie de la société dans laquelle nous vivons. Une homophobie qui se manifeste quand on fait attention à ne pas avoir l’air trop homo quand on traverse la rue. Quand on a honte d’un.e ami.e qui n’a pas l’air assez hétéro. Quand des débats à la télévision montrent des personnes respectables en train de discuter de la légitimité des homos à avoir autant de droits que les autres. Son discours, désormais sous-titré en français, mérite le détour et constitue la meilleure des défenses face à celles et ceux qui prétendent définir l’homophobie à l’aune de leur haine.

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