Elles seront sept athlètes out à avoir atterri à Sotchi pour participer aux Jeux olympiques d’hiver qui s’ouvriront demain soir, vendredi 7 février. Environ 2500 participant.e.s sont attendu.e.s. Yagg vous propose un petit tour d’horizon de ces sportives ouvertement lesbiennes ou bisexuelles, qui grimperont peut-être sur le podium dans les jours à venir.

Belle Brockhoff (à droite sur la photo): La snowboardeuse australienne de 21 ans a fait son coming-out en août dernier. Depuis, elle s’est de nombreuses fois exprimée sur la loi homophobe russe et a aussi participé à la campagne Principle 6 de Athlete Ally et All Out en partenariat avec la marque American Apparel. Récemment, la snowboardeuse a affirmé qu’elle ferait profil bas sur les questions de droits des LGBT pendant la compétition: «Je ne ferai rien de fou contre les lois gays. Je ferai mon boulot en tant qu’athlète, et en tant qu’athlète seulement. Pas avant que la compétition ne soit terminée. Je me suis concentrée là-dessus pendant 10 ans et je ne reviendrai pas là-dessus pour une loi.» Elle a néanmoins évoqué la possibilité de lever visiblement six doigts lorsqu’elle sera filmée, en référence au principe 6 de la Charte olympique. À Sotchi, elle participera à ses premiers Jeux olympiques.

Anastasia Bucsis: Tout comme Belle Brockhoff, cette athlète canadienne de 24 ans a fait son coming-out quelques mois avant l’ouverture des JO, en août dernier, lors de la Gay Pride Parade de Calgary. Mais dans le cas de cette patineuse de vitesse, il s’agira de sa deuxième compétition olympique, après Vancouver en 2010. Ambassadrice d’Athlete Ally, elle a raconté avoir souffert de la solitude liée au fait de ne connaître d’autres athlètes out dans sa discipline. Aujourd’hui, Anastasia Bucsis n’a pas l’intention de s’exprimer sur les questions de droits humains lors de son séjour à Sotchi: «Je ne vais pas faire d’histoire. Je suis ici pour la compétition en tant que patineuse de vitesse et pour représenter mon pays du mieux que je sais le faire, et simplement être fière de porter la feuille d’érable, donc je crois que prêter mon visage et mon nom à certaines organisations est plus qu’assez. Je parle pour moi et j’estime en avoir fait assez en faisant mon coming-out. Je suis ici pour participer aux Jeux et je vais m’y amuser et être fière.»

Daniela Iraschko-Stolz (à gauche sur la photo): À 30 ans, la sauteuse à ski autrichienne Daniela Iraschko-Stolz participera à ses premiers Jeux olympiques et pour cause, c’est la première fois que sa discipline est ouverte aux femmes dans le cadre de la compétition olympique. Concernant la loi condamnant la propagande des relations sexuelles non traditionnelles, Daniel Iraschko-Stolz a fait clairement savoir qu’elle n’aborderait pas ce sujet en Russie: «Je crois qu’il y a des choses pires qui en vaudraient plus la peine que cette vague loi. Néanmoins, peut-être que je peux être encore un modèle pour les gens qui pensent comme moi, et qui ont eu la vie aussi facile.» Plusieurs mois auparavant, elle avait néanmoins vivement condamné l’entrée en vigueur de cette loi discriminante. Depuis septembre dernier, elle est en union civile avec sa compagne, Isabel Stolz.

Barbara Jezeršek: La Slovéne participera à la compétition de ski de fond. Elle avait déjà participé aux jeux de Vancouver dans trois épreuves, sans monter sur le podium. Très active sur Twitter, elle a déjà commencé à rendre compte de son expérience de sportive ouvertement lesbienne à Sotchi depuis son arrivée au village olympique.

Sanne van Kerkhof: À 26 ans, la Néerlandaise concourt pour une médaille en patinage de vitesse dans l’épreuve du relais 3000 mètres sur piste courte. Ouvertement lesbienne, elle est en couple depuis 2009 avec la patineuse Ireen Wüst, qui sera elle aussi présente à Sotchi (voir ci-dessous). Sanne van Kerkhof ne devrait pas s’exprimer sur les atteintes aux droits des LGBT: «C’est triste d’entendre que quelqu’un est agressé parce qu’il est homo. C’est terrible… mais nous, en tant qu’athlètes professionel.le.s, sommes aussi allé.e.s en Chine, soulignait-elle en novembre dernier. Il y a aussi des gens qui vivent dans des conditions inhumaines dans des bidonvilles et nous étions logé.e.s dans des hôtels 5 étoiles. On ne peut rien y faire.»

Cheryl Maas: La snowboardeuse néerlandaise fait partie des athlètes qui ont critiqué sévèrement le choix du Comité International Olympique d’octroyer ces Jeux à la Russie: «Ils devraient exclure les pays où certaines minorités sont exclues, comme la Russie. Avec ce choix, le CIO a fait un pas en arrière. La Russie vit dans le passé, alors que nous devrions aller de l’avant.» Cherly Maas est mariée à la snowboardeuse norvégienne Stine Brun Kjeldaas, avec qui elle a eu une fille.

Ireen Wüst (au centre sur la photo): La compagne de Sanne van Kerkhof est très attendue à Sotchi. La patineuse de vitesse a raflé la médaille d’or aux championnats du monde de Turin en 2006, ainsi qu’aux derniers JO de Vancouver. Ouvertement bisexuelle, elle a fait savoir qu’elle ne ferait aucune déclaration en direction des LGBT russes.

Les délégations accompagnant les athlètes participant à la compétition olympiques comportent elles aussi quelques personnalités LGBT: l’ex-joueuse de hockey américaine Caitlin Cahow, ainsi que le patineur artistique médaillé olympique Brian Boitano seront présent.e.s aux côtés de l’équipe des États-Unis. La championne de tennis Billie Jean King ne sera cependant pas de la partie pour assister à la cérémonie d’ouverture samedi, pour des raisons familiales.

Si vous avez connaissances d’autres athlètes LGBT out, n’hésitez pas à nous l’indiquer dans les commentaires. Et retrouvez le regard Yagg sur l’actualité sportive tous les vendredis dans Terrains de Jeux, la chronique de Bénédicte Mathieu.

Photos Captures (Belle Brockhoff / Daniela Iraschko / Ireen Wüst)