Une victoire de plus pour la «Manif pour tous». C’est ce que décrit la journaliste de Mediapart Lucie Delaporte dans une enquête sur la censure du mot genre dans les ministères. Rapports, manuels, livres ou discours, l’expression qui, rappelons-le, est un concept utilisé pour déconstruire les rapports homme-femme et les représentations qui en découlent, aurait tout bonnement été progressivement supprimée de tout document officiel ou pédagogique visant à lutter contre les discriminations hommes-femmes. La journaliste explique:

«Depuis le succès l’an dernier des mobilisations contre le mariage gay, aux slogans ouvertement homophobes, le terme « genre » est en effet l’objet d’une invraisemblable chasse aux sorcières.»

Des auteur.e.s comme Sylvie Ayral auraient même vu leurs conférences sur le sujet dans les collèges de Seine Saint-Denis déprogrammées. D’autres comme Hugues Démoulin, chargé de mission égalité garçons-filles dans l’académie de Rouen aurait même vu la parution de son livre bloquée, avant qu’il ne soit prochainement publié sous un autre nom.

Une censure qui, comme le rappelle notre consœur, «laisse, sur deux cents pages, la même étrange impression que la lecture de La Disparition de Georges Perec, son roman rédigé sans la lettre « e ».»

Pour en savoir plus, lire la très bonne enquête de Lucie Delaporte sur Mediapart.

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