La tristesse, l’incompréhension et l’inquiétude. Dans un communiqué daté du 2 février dernier, le MAG jeunes LGBT, qui intervient depuis 2002 en milieu scolaire dans les collèges et lycées contre les LGBTphobies (lesbophobie, gayphobie, biphobie, transphobie) et le sexisme dénonce «une campagne de désinformation» menée par des collectifs se revendiquant contre l’enseignement de «la théorie du genre».

L’association est agréée «association éducative complémentaire de l’enseignement public» dans les rectorats de Créteil, Paris et Versailles, mais depuis fin janvier 11 de ses interventions dans 6 classes de collège et 5 classes de lycée – 3 établissements au total – de la région Ile-de-France ont été annulées. «Ça a commencé juste après les polémiques douteuses sur l’enseignement d’une dite « théorie du genre »» relève Marine Souffrin, responsable éducation au sein de l’association. Au motif de ces annulations pour les proviseurs: la «pression des parents», un climat beaucoup trop violent, et le caractère dangereux de ces interventions pour les bénévoles. Elle poursuit:

«Les messages qu’on essaye de faire passer sont très mal compris. Notre priorité, c’est de démentir tout ce qui se dit sur les assos LGBT qui viendraient enseigner la masturbation aux élèves, alors qu’on ne parle pas du tout de sexualité. On ne comprend pas pourquoi on met autant de barrières pour empêcher notre venue alors que ce n’est pas notre propos, et qu’on vient pour déconstruire les préjugés. Les proviseurs n’ont pas envie de prendre des risques.»

122 INTERVENTIONS EN 2012/2013
Pour l’année scolaire 2012/2013, le MAG Jeunes LGBT est intervenu dans 122 classes dans des établissements d’Ile-de-France sur la base d’interventions de 2 heures menées au total par une quinzaine de bénévoles qui ont suivi une formation. «C’est assez dingue que tout soit remis en cause en 2014, surtout qu’un de nos rapports montre que 85% des élèves qui ont assisté à nos interventions comprennent la différence entre orientation sexuelle et genre», réagit la jeune femme.

«Ça nous attriste de voir que dans des établissements, des élèves sont touché.e.s par tous ces préjugés. Dans toute cette agitation, les détracteurs/trices de l’égalité des droits ont oublié tous les dégâts qu’ils et elles causent, les dommages collatéraux même pour leurs propres enfants.»

De son côté, la présidente de SOS homophobie, Elizabeth Ronzier, se veut plus rassurée et n’a pas de craintes sur la bonne poursuite de la mission de l’association auprès des élèves dans les établissements scolaires. «On est certes dans un contexte un peu sensible, mais nos intervenant.e.s reçoivent une bonne formation, on a un bon retour des établissements et l’agrément du ministère de l’Éducation nationale», explique-t-elle. Même discours pour l’association Contact qui, semble-t-il, n’a pas été entravée dans son travail de sensibilisation en milieu scolaire. «On est en train de rédiger un mot auprès du rectorat», conclut Marine Souffrin du MAG Jeunes LGBT.