cat«Monsieur le ministre de l’Éducation nationale,
Madame la ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement,

Voilà quelques semaines que les opposant.e.s, autoproclamé.e.s non homophobes, à l’ouverture du mariage à tous les couples dirigent leur opposition et donc leur communication sur l’École.

Je suis enseignante, entre autre j’enseigne le droit dans un lycée professionnel parisien, mais, particularité, je suis aussi une enseignante lesbienne.

En tant qu’enseignante, il est de mon devoir de travailler avec les jeunes sur tous leurs propos, qu’ils soient sexistes, racistes, antisémites, xénophobes, handiphobes ou homophobes. C’est de ma responsabilité parce que l’Éducation nationale me le demande mais aussi parce que le Droit français condamne de tels propos.

En complément de ma transmission de savoir, il est important pour moi que ces jeunes sachent que certains propos ne sont pas des opinions mais des délits.

L’année dernière ce travail s’est accru, non pas par une libération de la parole homophobe en classe, mais par l’augmentation des questionnements de ces jeunes qui ont tendance à penser que ce qu’ils/elles voient et entendent à la télévision ou ce qu’ils/elles lisent sur l’Internet est LA vérité.

Et ces derniers jours, j’ai pu lire dans différents médias la reproduction des textos envoyés aux parents d’élèves pour inciter au retrait des enfants des classes: « l’Éducation nationale va enseigner à nos enfants qu’ils ne naissent pas fille ou garçon comme Dieu l’a voulu mais qu’ils choisissent de le devenir. Avec des intervenants homos et lesbiennes qui viendront leur bourrer la tête d’idées monstrueuses ».

Je vous ai entendu.e.s l’un comme l’autre réagir à ce mouvement de désinformation, de dénigrement qui vise à déstabiliser autant le gouvernement que l’École et ses personnels.

Je vous ai entendu.e.s, mais je regrette que vous n’ayez eu un mot de soutien pour vos personnels LGBT qui tous les jours interviennent dans leurs classes avec dévouement et avec la même conscience professionnelle que le reste des personnels.

Je regrette Monsieur le ministre, Madame la porte-parole, que vous n’ayez dénoncé, ni l’un ni l’autre, ces insinuations pernicieuses sur la volonté qu’auraient les LGBT, dont vos fonctionnaires, de pervertir nos élèves, de mettre en danger les enfants.

C’est une insulte à notre conscience professionnelle, à notre intelligence et à notre dévouement.

Je vous prie cependant de croire, Monsieur le ministre, Madame la porte-parole, en l’expression de mon profond dévouement.»

Photos MariannaYagg