Si François Hollande a répété que le droit de manifester est légitime, les membres du gouvernement se montrent perplexes sur le bien-fondé de la «Manif pour tous» qui doit avoir lieu ce dimanche 2 février à Lyon et Paris. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a mis en garde contre les «débordements» violents provoqués par le mouvement au printemps dernier et par ses acolytes lors du «Jour de colère» la semaine dernière.

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Un important dispositif policier a été mis en place le long du parcours parisien qui partira d’École Militaire pour rejoindre Denfert-Rochereau.

Dominique Bertinotti a quant à elle répété que les revendications des manifestant.e.s sont vides de sens puisque ni la PMA pour les couples de femmes ni la GPA ne figureront dans le projet de loi famille.

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La ministre de la Famille assure par ailleurs que les revendications affichées sont loin des préoccupations et que les participant.e.s défilent «pour de mauvaises raisons»: «On a le sentiment qu’ils veulent refaire un match dont les Français ne sont absolument pas demandeurs».

Pour rallier ses troupes, la «Manif pour tous» a publié des encarts publicitaires. Les syndicats CFDT, CGT et SNJ de Ouest France ont exprimé leur mécontentement après qu’un encart a paru dans l’édition du Calvados ce vendredi 31 janvier, rapporte l’AFP. Dans un communiqué, les syndicats ont critiqué la direction du journal:

«La direction d’Ouest France n’a pas seulement commis une erreur, elle a commis une faute qui entache l’honneur du journal et a soulevé l’indignation de ses salariés. Au fil des ans, ce qui était inconcevable à Ouest France, comme accepter des publicités émanant de partis politiques ou susceptibles de heurter la conscience de nos lecteurs, est donc devenu possible!»

Ils ont également contesté certains éditoriaux favorables à la «Manif pour tous», que les syndicats jugent «partisans et univoques». La direction a répliqué qu’elle a publié les appels de «toutes les manifestations de droite, de gauche ou du centre qui lui ont été envoyés dans la mesure où ceux-ci étaient conformes [aux] règles démocratiques, républicaine et aussi à la déontologie du journal».

HUISSIERS
Afin de conforter son discours de victime du pouvoir, la «Manif pour tous» avait obtenu sur ordonnance la présence de deux huissiers pour constater les violences policières commises au cours de la manifestation. Samedi, la justice, saisie en référé par la préfecture de police, a toutefois annulé cette ordonnance. Pour l’avocat de la police, l’organisation du défilé voulait «instrumentaliser la justice à des fins médiatiques». L’avocat de la «Manif pour tous» prétend quant à lui que la préfecture «ne veut pas jouer la carte de la transparence». Deux huissiers seront malgré tout mandatés par l’organisation.

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