Militant UMP actif depuis 7 ans, coordinateur de la campagne de la députée – et ex-secrétaire d’État à la Famille – Claude Greff (UMP), Franck Boucher a finalement déchiré sa carte d’adhérent UMP. Depuis 2009, il songe à se présenter pour être tête de liste aux municipales à Château-Renault, dans l’Indre-et-Loire. Il a demandé conseil à sa «patronne politique» qui lui a alors conseillé de créer une association. Ce qu’il a fait. À la faveur de l’ouverture du mariage, il a épousé son compagnon, avec qui il vit depuis 10 ans. Lui qui devait être auditionné pour l’investiture n’a finalement pas été contacté par l’UMP. Il le déplore aujourd’hui:

«On a fait de moi une machine à perdre, simplement parce que l’UMP ne voulait pas d’un homosexuel en tête de liste. Quand on est de gauche, on a le droit d’être homo. À droite, ça bloque. Il y a des relents homophobes, ça blesse.»

L’engagement de l’UMP aux côtés des opposant.e.s à l’égalité des droits l’a profondément blessé. «J’en ai pleuré», confie-t-il en songeant par ailleurs aux jeunes qui ont pris conscience de leur orientation sexuelle à la même période. «Des rues entières semblaient défiler contre eux, souligne-t-il. On sait que chez eux le taux de suicide est beaucoup plus élevé. C’est pour eux que désormais je parle de mon homosexualité et de mon mariage.»

Interrogée sur cette affaire, Claude Greff renvoie la balle à Franck Boucher:

«[Il] a été mon second jusqu’en juillet 2013. Il a été exemplaire pendant les campagnes législatives et présidentielles que nous avons menées ensemble. Quand il m’a parlé de se lancer dans les municipales, je l’ai encouragé à déposer une liste UMP et à se présenter à la commission d’investiture, ce qu’il n’a jamais fait. L’UMP n’est pas homophobe, je ne suis pas homophobe. J’ai soutenu l’union civile, pas le mariage homosexuel tel qu’il a été imposé aux Français par le Parti socialiste.»

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