Après avoir repoussé à plusieurs reprises sa promulgation, le président ougandais Yoweri Museveni est enfin sorti de sa réserve concernant la loi anti-homosexualité votée au Parlement en décembre dernier. Cette loi criminalise les personnes homosexuelles qui pourraient être condamnées à des peines de prison pouvant aller jusqu’à la perpétuité. Lors d’une rencontre vendredi dernier avec un groupe de député.e.s du National Resistance Movement (NRM), le président a affirmé qu’il accepterait de signer la loi à condition de recevoir la preuve scientifique que l’homosexualité n’est pas génétique, mais un comportement acquis. Selon une source de The Observer, le président aurait été influencé par un rapport remis par des militant.e.s LGBT qu’il aurait rencontré récemment. Ces personnes lui auraient expliqué que les personnes homosexuelles étaient nées ainsi, au même titre que les albinos. Il estime désormais que l’homosexualité peut être soignée, et donc qu’il conviendrait avant tout d’améliorer la situation économique du pays avant de songer à apporter une aide aux homosexuel.le.s. Réfractaire à l’idée de condamner à mort les homosexuel.le.s, Yoweri Museveni avait cependant affirmé par le passé n’avoir aucun problème avec le fait de réprimer celles et ceux qui «font la promotion de l’homosexualité, ou la soutiennent». Les parlementaires du NRM ont fait part de leur mécontentement suite à cette prise de position et ont rappelé au Président qu’il ne pouvait pas rejeter entièrement la loi après son vote au Parlement. Selon la Constitution, Yoweri Museveni aurait dû la signer dans les 30 jours après le vote. Ne l’ayant pas fait avant ce délai, la loi pourrait repasser une seconde fois devant les député.e.s. Le président ougandais a cependant fait savoir qu’il souhaitait avant tout qu’une équipe de scientifiques s’attèlent à déterminer l’origine de l’homosexualité. Un rapport pourrait donc être présenté début février sur le sujet.
Photo Foreign and Commonwealth Office