Une proposition de loi a été déposée vendredi 24 janvier devant la Douma par des député.e.s du Parti libéral démocrate (LDPR, ultra-nationaliste), de Russie Unie (parti de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, officiellement de centre-droit) et du Parti communiste, afin d’amender l’article 6.21 du Code des infractions administratives, qui interdit la «propagande des relations sexuelles non-traditionnelles». Le texte vise à retirer l’expression «non-traditionnelles», ce qui aurait pour effet d’étendre le champ de la loi à toutes les relations sexuelles.

Selon les auteur.e.s de la proposition de loi, cité.e.s par l’agence de presse russe ITAR-TASS, l’objectif est de lutter contre «l’augmentation de l’activité sexuelle des adolescent.e.s combinée à la baisse de l’âge auquel les adolescent.e.s ont leurs premières expériences sexuelles» et donc contre les grossesses adolescentes et la mortalité des jeunes mères. Les auteur.e.s se réfèrent notamment à une supposée politique gouvernementale des États-Unis qui encouragerait l’abstinence. Il est probable qu’il s’agisse en réalité de la politique du gouvernement de George W. Bush, dont l’inefficacité a été démontrée.

Les médias sont également pointés du doigt comme responsables de cette «activité sexuelle précoce».

Pourtant, pour Elena Mizulina, la députée à l’origine de la loi, citée par GayRussia.ru, les amendements proposés sont «redondants», ce qu’ils proposent est déjà prévu par la loi.

Si la proposition de loi est adoptée, les relations entre personnes de même sexe ne seront donc plus spécifiquement visées. Le texte rejoint en cela une proposition du Russian LGBT Network, qui souhaitait que soit retiré de la loi «l’élément discriminatoire», souligne le site Queer Russia. En revanche, les actions de prévention auprès des mineur.e.s risquent d’en être encore compliquées.

La proposition de loi a été transmise lundi après-midi à la commission de la Douma sur la famille, les femmes et les enfants.